Moments extraordinaires pour un enfant qui joue avec les abeilles.
« C’est plus difficile d’être un apiculteur aujourd’hui que ça l’était il y a 10 ou 15 ans : nous devons faire face à la diminution des surfaces vertes. Les pesticides et les changements climatiques affectent les abeilles qui sont atteintes de diverses maladies », s’inquiète Tarek Yassine, apiculteur au Sud-Liban depuis plus de 25 ans. « Il y a 20 ans, on produisait quinze kilos de miel par ruche, aujourd’hui on en tire à peine sept ou huit kilos », assure-t-il.
« Un jour important »
Un sentiment partagé par de nombreux apiculteurs, même si l’optimisme est de rigueur. « C’est un jour important pour nous », estime Fayçal Azzam, venu avec son neveu de l’ouest de la Békaa. Tous les deux arborent fièrement leur costume traditionnel. « J’espère que l’on pourra apprendre de nouvelles techniques pour mieux lutter contre les maladies et pour mieux vendre nos produits. »
Le festival est organisé en collaboration avec l’initiative Art Gold du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et le ministère de l’Agriculture. Le ministre de l’Agriculture Hussein Hajj Hassan est d’ailleurs venu en personne pour annoncer des mesures d’aide aux apiculteurs et pour réaffirmer l’importance du secteur pour le Liban. Pour Art Gold, le développement de l’apiculture est tout sauf une question subsidiaire. « Rien qu’au Liban, la demande de miel est supérieure à la production, et la demande dans la région et en Europe est très forte également. Il y a un vrai marché et beaucoup d’emplois en jeu, assure Francesco Bicciato, conseiller technique principal (chief technical advisor) du programme. Il ne s’agit pas seulement d’augmenter la production de miel au Liban, mais également de participer au développement d’un secteur stratégique qui en affecte beaucoup d’autres. »
Sensibilisation du public
Les abeilles jouent en effet un rôle crucial dans le maintien de la biodiversité puisqu’en butinant, elles participent à la pollenisation des plantes. À elles seules, une abeille est capable de visiter jusqu’à 4 000 fleurs en une seule journée. Leur disparition aurait des conséquences qui dépasseraient largement le seul sort des apiculteurs. La sensibilisation du public était donc un autre des objectifs de ce festival. « C’est très important de parler de la nature aux générations futures, de leur faire comprendre l’importance des abeilles », confirme Ramy, venu tout exprès pour passer la journée à Maasser el-Chouf avec ses deux filles.
Mais la cause des abeilles et des apiculteurs ne repose pas sur cette seule journée. Art Gold organise depuis plusieurs années déjà des stages de formation à destination des apiculteurs libanais. L’année dernière, une vingtaine d’entre eux venus du Sud, du Nord-Liban et de la Bekaa se sont rendus à Pérouse en Italie pour rencontrer des apiculteurs locaux et y recevoir une formation. « C’était très utile. Ici, les méthodes de traitement naturel des maladies ne sont pas très développées. En Italie, nous avons pu apprendre des méthodes moins polluantes », se souvient Tarek Yassine qui a participé à ce stage.
Il faudra sans doute encore beaucoup d’initiatives de ce genre pour sauver définitivement les abeilles de l’extinction et pour faire du miel libanais un produit d’export international. Mais à voir festivaliers et abeilles danser de concert dimanche à Maasser el-Chouf, à la manière dont les secondes communiquent, l’espoir est permis.


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Encourageante cette campagne de sensibilisation pour ce retour aux sources pour cette Journée de l’abeille cet insecte qui risque avec sa disparition , de faire disaparaitre aussi toute une civilisation humaine . Antoine Sabbagha
01 h 21, le 06 septembre 2011