Interrogé en marge d'une réunion des ministres de l'Union européenne à Sopot (Pologne) sur la nécessité de prendre de nouvelles sanctions, le Français Alain Juppé a répondu: "Si (le président syrien) Bachar al-Assad ne change pas, s'il n'y a pas de changement de régime, il faudra accentuer la pression sur la Syrie".
Son homologue allemand Guido Westerwelle a estimé lui aussi que de nouvelles sanctions pourraient s'avérer nécessaires.
"On ne peut pas exclure que, si la répression continue malgré tout, des mesures supplémentaires soient discutées en Europe", a-t-il dit à des journalistes.
"Nous allons continuer à exercer des pressions et à chercher des moyens de le faire", a confirmé la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton, soulignant que "les discussions continuent".
"La Syrie n'est pas la Libye, mais (...) nous devons être cohérents avec nous-mêmes et la communauté internationale, l'Union européenne, et en tout cas la France devraient exercer pleinement leur responsabilité de protéger les populations civiles contre la violence des dictateurs", a précisé M. Juppé.
C'est pourquoi Paris va "continuer à travailler aux Nations unies pour obtenir une condamnation plus explicite du régime syrien, et enfin travailler avec l'opposition", a souligné M. Juppé. A l'instar de la Libye, en Syrie aussi "il faut aider l'opposition à s'organiser", a-t-il jugé.
"Il est important que nous puissions convaincre nos partenaires internationaux que nous voulons oeuvrer avec une résolution (de l'ONU) sur la Syrie en faveur de la liberté et de la démocratie", a renchéri M. Westerwelle.
L'Espagnole Trinidad Jimenez a elle aussi réclamé "une condamnation internationale" non seulement pour isoler le régime mais aussi pour soutenir le peuple syrien.
L'UE doit aider l'opposition syrienne "afin qu'une alternative puisse se produire à l'avenir" dans ce pays, a-t-elle souligné. "Nous avons exprimé notre désir que ce soit une opposition qui représente toute la population", a-t-elle ajouté.
L'Union européenne a décrété vendredi un embargo sur les importations de pétrole syrien, espérant par là frapper le régime au portefeuille et le convaincre de renoncer à la poursuite de la répression violente de la contestation dans le pays.
Entré en vigueur samedi, il concerne les importations, l'achat et le transport de pétrole brut ou de produits pétroliers si ceux-ci sont originaires de Syrie ou exportés de Syrie. Mais il ne concernera pas les contrats en cours.
Les noms de quatre responsables économiques, ainsi que de trois sociétés (Mada Transport, Cham Investment Group et Real Estate Bank) soupçonnés d'apporter des soutiens financiers et logistiques au régime ont été ajouté à la liste des responsables et entités visés par les gels d'avoirs et les interdictions de visa de l'UE, selon l'édition publiée samedi du Journal Officiel de l'UE.
Ces derniers mois, l'UE avait déjà décrété des gels d'avoirs et interdictions de visa à l'encontre de 50 personnalités, dont trois responsables iraniens, et huit entreprises ou organisations syriennes ou iraniennes, ainsi qu'un embargo sur les armes en vigueur depuis le 9 mai.

