"Bien évidemment, Total se conforme aux sanctions. Total a cessé tout achat de brut et de produits pétroliers à la Syrie", a déclaré à l'AFP une porte-parole de Total. Mais le groupe français ne va pas cesser sa production dans le pays, a précisé Total.
L'Union européenne a décrété vendredi un embargo sur les importations de pétrole syrien, espérant par là frapper le régime de Bachar al-Assad au portefeuille et le convaincre de renoncer à la poursuite de la répression violente de la contestation dans le pays.
Mais l'UE a reporté à plus tard une option complémentaire, un temps envisagée, d'une interdiction de tout investissement européen dans le secteur pétrolier syrien.
"Il est très rare qu'un pétrolier aille au-delà de la lettre des sanctions", a constaté Francis Perrin, du Centre Arabe d'Etudes pétrolières.
"Le débat sur les investissements pétroliers --qui signifierait un départ des compagnies européennes de Syrie-- a été très chaud", selon cet expert.
L'Europe a importé 95% du pétrole syrien en 2010, principalement en Allemagne (32%), Italie (31%), France (11%) et Pays-Bas (9%). Les Etats-Unis, qui ont également décrété un embargo, n'importaient pas de pétrole syrien.
Total est une des principales compagnies étrangères en Syrie avec l'anglo-néerlandais Shell et la chinoise CNPC.
En 2010, Total a extrait 14.000 barils de pétrole brut du sol syrien et l'équivalent de 25.000 barils équivalents pétrole de gaz naturel, soit seulement 1,6% de sa production totale. La production syrienne totale était l'an dernier de 387.000 barils de pétrole et ses exportations d'environ 110.000 barils.
La "major" française, numéro 5 mondiale du secteur, a commencé ses activités de production dans le pays en 1988, près de Deir ez-Zor sur les rives de l'Euphrate (est de la Syrie).
Fin août, le groupe a fait une déclaration publique inhabituelle sur la situation au Moyen-Orient, en indiquant qu'il "réprouvait toutes les violences et condamnait fermement les atteintes aux droits de lHomme", même si "la protection des droits de l'homme relève de la responsabilité première des Etats".
"Nous respectons ces droits dans lexercice de nos opérations et tirerions toutes les conséquences dune éventuelle impossibilité de le faire", ajoute le groupe sur son site internet.

