Les habitants n’en peuvent plus des règles strictes qu’ils doivent suivre dans les constructions et les aménagements de leurs biens, quasiment tous couverts par le périmètre de protection de 500 mètres imposé par l’inscription de l’église. L’architecte des bâtiments de France (ABF), qui donne son avis sur tous les aménagements, est en effet très pointilleux. « Il y a trois ans, suite à une tempête, une cheminée a défoncé un toit. Les propriétaires ont naturellement procédé aux réparations », rapporte le maire Gilles Lepeltier. « Compte tenu de l’inscription de l’église, les services de l’État ont demandé le retrait de vis jugées trop brillantes. Ce n’est pas raisonnable », estime l’élu, qui est instituteur.
Les habitants se voient interdire de poser des fenêtres croissant de lune au-dessus de leur porte d’entrée au prétexte qu’elles seraient inspirées par des séries américaines.
Le maire regrette surtout la mouvance des instructions. « Ce qui est surprenant, c’est l’arbitraire », regrette Gilles Lepeltier. « À aucun moment vous ne pouvez maîtriser les règles exactes. Elles bougent au fil de vos interlocuteurs. Comment un agent de l’État comme l’ABF peut concentrer autant de pouvoir ? » « S’ils continuent comme ça, les citoyens ne vont plus déclarer leurs travaux et aménagements, et cette loi n’aura plus aucun sens », prévient Gilles Lepeltier.
D’autant plus que Lion-en-Sullas, avec les quatre refroidisseurs de la centrale nucléaire de Dampierre-en-Burly visibles depuis la place de l’église, n’est pas Versailles. « Nous avons déjà le handicap de la centrale nucléaire, pas besoin de surcoûts exorbitants liés à ses décisions pour décourager les gens de s’installer chez nous », dit le maire, qui se veut rassurant sur les projets de la municipalité. « Le fait de demander une radiation n’a pas vocation à construire une boîte de nuit dans l’église, bien au contraire », explique-t-il en rappelant les travaux de rénovation, comme la pose de deux nouveaux vitraux réalisés par des maîtres verriers. L’aide de l’État accordée pour ces travaux grâce au classement de l’église – 4 % du montant des travaux – est d’ailleurs jugée insuffisante pour justifier le maintien de la bâtisse sur la liste des monuments historiques.
La préfecture du Loiret, qui devrait étudier cette demande « dans un délai raisonnable », indique que ses services ont pour seule vocation « l’application de la loi ». « Le législateur vote les lois, nous les appliquons », explique Antoine Guérin, secrétaire général de la préfecture du Loiret. « Il en est de même pour l’ABF et nous comprenons que la mise en œuvre de ses décisions puisse engendrer des protestations. Et dans ce cas, des recours existent devant le tribunal administratif. »
(Source : Reuters)


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