Cette photo, tirée d'une vidéo YouTube postée par des militants, montre une manifestation qui a eu lieu dans la nuit de mercredi à jeudi à Karnaz, près de Hama.
La contestation ne s'essouffle pas pour autant, près de cinq mois après son début. Les militants ont appelé sur Facebook à une forte mobilisation vendredi avec le slogan « Nous ne nous soumettrons qu'à Dieu », après avoir décrété des protestations quotidiennes lors du mois sacré du ramadan. D’après la page Facebook SNN, plusieurs manifestations ont eu lieu aujourd’hui, notamment à Houla (centre).
Le pouvoir ne reconnaît pas l'ampleur de la contestation lancée le 15 mars et justifie le recours à la force par la nécessité de pourchasser des « groupes terroristes armés » qui selon lui sèment le chaos et attaquent les civils. Le président Bachar el-Assad a cependant admis hier, devant des diplomates d'Inde, d'Afrique du Sud et du Brésil venus le voir à Damas pour appeler à la fin des violences, que ses forces avaient commis « des erreurs » dans la première phase de la répression. Selon des organisations de défense des droits de l'Homme, plus de 1 600 civils ont été tués dans la répression. De son côté, le pouvoir a fait état de 500 membres des forces de l'ordre tués.
Par ailleurs, hier, une semaine après une déclaration du Conseil de sécurité de l'ONU condamnant la répression en Syrie, le sous-secrétaire général de l'ONU Oscar Taranco, rendant compte de la situation sur place, a parlé d'exécutions sommaires et de défections de soldats, ont rapporté des diplomates. M. Taranco a décrit de « choquantes violations des droits de l'Homme », a indiqué Philip Parham, l'ambassadeur britannique adjoint, alors que l'ambassadrice américaine Susan Rice a assuré que des milliers d'innocents avaient été « tués de sang froid » en Syrie. « Si le régime syrien persistait à ignorer les demandes de la communauté internationale, alors nous devrons envisager les moyens d'accroître la pression » sur lui, a jugé Martin Briens, le représentant adjoint de la France à l'ONU.
Les Occidentaux, pour maintenir la Syrie sous pression, souhaitent une nouvelle réunion la semaine prochaine avec des responsables onusiens chargés des droits de l'Homme. Dans le cas où la teneur de leurs propos serait la même que celle de M. Taranco, ils estiment que des « actions supplémentaires » seraient appropriées. Mais l'élan des Américains et des Européens risque d'être stoppé par la Russie, qui malgré son appel à l'arrêt de la répression, veut favoriser « le dialogue et les réformes ».


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