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Agenda - Université Antonine

Raï appelle à l’élaboration d’un nouveau pacte national

« Une des exigences premières de l’allégeance au Liban est de cesser de puiser sa force auprès d’autrui », a déclaré Mgr Raï.   Photo Marwan Assaf

C’est en présence du patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, que l’Université antonine a organisé hier sur le campus de Baabda une cérémonie de remise de diplômes à 438 étudiants des trois branches de Hadeth, de Zahlé et de Majdlaya.
Le ministre de l’Éducation, Hassan Diab, représentait les présidents de la République, du Parlement et du Conseil. Était également présents Mme Mona Hraoui, ainsi que plusieurs officiels et responsables religieux et militaires, notamment l’archevêque maronite de Beyrouth, Mgr Boulos Matar.
Dans son discours, Mgr Raï s’est dit particulièrement heureux parce que le thème choisi pour la cérémonie est celui du slogan qu’il a adopté, à savoir : communauté et amour. Il s’est félicité de ce que l’Université antonine « suit la ligne tracée par l’Église maronite qui voit dans l’enseignement supérieur un outil exceptionnel de sa mission pédagogique ouverte sur tous, de son service culturel et scientifique, et de ses orientations multiples depuis la fondation de l’École maronite en 1584 ».
S’adressant aux jeunes diplômés, il a mis l’accent sur « l’espoir qu’ils représentent pour le Liban » et sur « le soin que l’Église leur apporte ».
Il les a aussi encouragés à « se conformer à la culture libanaise pour préserver le rôle, la valeur et la mission du Liban ». « Cette culture, a expliqué le patriarche, trouve son fondement dans le pacte national et la formule de coexistence qui ont fait du pays un lieu de rencontre des religions, une terre modèle pour le dialogue des cultures et l’édification d’une société pacifique privilégiant la convivialité, ainsi que le défenseur de la démocratie qu’il applique et qui garantit les droits fondamentaux des citoyens ainsi que les libertés publiques. »

Perte de l’identité nationale
Après avoir souligné « le sentiment de perte de l’identité nationale qui est en quelque sorte vécu au Liban, Mgr Raï a jugé nécessaire, soixante-dix ans après l’établissement du pacte national, que les Libanais se retrouvent, toutes appartenances politiques, sociales et religieuses confondues, dans le cadre d’un congrès national général, afin d’élaborer un nouveau pacte social ». Celui-ci, a-t-il dit, « devrait trouver son origine dans le pacte national et être en harmonie avec la mondialisation et les défis de notre époque ». « Sinon, a averti le patriarche, le Liban restera victime des tiraillements entre les communautés, les courants et les visions politiques. »
Mgr Raï a ensuite souligné l’importance de la mission de l’Université antonine, en tant qu’université catholique, « une mission qui puise aussi son importance de sa situation géographique ». « Celle-ci, a-t-il jugé, lui permet de réunir diverses cultures et communautés, de promouvoir l’unité dans la diversité et de consolider l’allégeance au Liban. » « Une des exigences premières de cette allégeance est de cesser de puiser sa force auprès d’autrui, de contrôler le sort du pays et de monopoliser la vision nationale pour privilégier la culture, la liberté de vision, le respect de l’opinion de l’autre et la constitution d’une vision nationale unifiée, enrichie par la variété d’orientations », a fait valoir le patriarche qui a aussi plaidé en faveur de « la préservation des terrains au lieu de les vendre ».
Après avoir par ailleurs rappelé que le Liban compte une université publique, 17 universités privées, 18 instituts supérieurs et 5 instituts techniques qui accueillent plus de 150 000 étudiants, le patriarche a invité l’État à élaborer une nouvelle loi pour organiser l’enseignement supérieur. Il a relevé dans ce cadre que les dispositions des lois correspondantes de 1961 et de 1996 se contredisent, précisant que la dernière loi comporte des lacunes. Il a jugé tout aussi nécessaire de freiner l’octroi « discrétionnaire et irréfléchi de permis (d’ouverture d’universités ou d’instituts) loin de toute objectivité ou planification », en s’interrogeant sur le point de savoir pourquoi les responsables « ferment l’œil sur des établissements qui ne sont pas conformes aux lois, qui usurpent des titres, qui assurent des spécialisations non autorisées ou non conformes aux règles académiques et légales, et qui ouvrent des branches régionales sans permis ».
C’est en présence du patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, que l’Université antonine a organisé hier sur le campus de Baabda une cérémonie de remise de diplômes à 438 étudiants des trois branches de Hadeth, de Zahlé et de Majdlaya.Le ministre de l’Éducation, Hassan Diab, représentait les présidents de la République, du Parlement et du Conseil. Était également présents Mme Mona Hraoui, ainsi que plusieurs officiels et responsables religieux et militaires, notamment l’archevêque maronite de Beyrouth, Mgr Boulos Matar.Dans son discours, Mgr Raï s’est dit particulièrement heureux parce que le thème choisi pour la cérémonie est celui du slogan qu’il a adopté, à savoir : communauté et amour. Il s’est félicité de ce que l’Université antonine « suit la ligne tracée par l’Église maronite qui...