Cette configuration permettra-t-elle une action gouvernementale unie ? Sûrement pas quand il s’agira d’aborder de lourds dossiers politiques, comme le TSL et l’armement milicien. Les présidents Sleiman et Mikati songent à s’en défausser sur le comité de dialogue national. Seulement, cette table ronde, personne n’en veut. Le 8 Mars, notamment le Hezbollah et le CPL, a fait savoir il y a plusieurs mois déjà que ce recours est mort et enterré. Quant au 14 Mars, il n’accepte d’y siéger de nouveau qu’à la stricte condition que le Hezbollah présente ses vues sur la stratégie de défense. Autrement dit sur son arsenal.
Le gouvernement espère échapper à la pression politique, et aux effets de sa désunion, en se proclamant à l’unisson comme une équipe de travail dévouée au service du public, via le traitement de la dure crise socio-économique du pays.
Mais, pour louable qu’en soit l’intention, c’est en réalité là un faux-fuyant qui ne tient pas la route. Car il se présente une priorité inévitable : les nominations et les permutations administratives, judiciaires, sécuritaires ou diplomatiques. Avec pour principal objectif, le pourvoi d’innombrables postes-clés vacants dans tous les services. Ainsi que le règlement d’un double problème d’effectifs : pléthoriques dans certains départements et rachitiques dans d’autres.
Positiver
Quoi qu’il en soit, pour l’inauguration demain, l’esprit reste nettement positif. Toutes les composantes du pouvoir assurent qu’elles sont déterminées à travailler la main dans la main, pour mériter la confiance titrée à 68 obtenue à la Chambre, et pour faire pièce à l’opposition qui s’est retirée du débat. Les cadres en place précisent que les différends qui opposent leurs formations respectives seront toujours discutés dans le calme, entre les quatre murs de l’exécutif et sur base d’un dialogue rationnel systématique et permanent.
Sans aller jusqu’à ricaner, les opposants réitèrent leurs doutes quant à l’homogénéité du ministère. Ils répètent qu’ils vont le juger sur ses actes, en commençant par voir comment il va aborder sa toute première rencontre, demain. Ils rappellent que des divergences évidentes au sein de la nouvelle majorité se sont largement manifestées lors du débat de confiance, notamment entre Nabih Berry et Michel Aoun, sur les nominations, les sécuritaires en tête.
De fait, le CPL réclame la récupération par les maronites de la direction générale de la Sûreté, échue à la communauté lors du partage effectué à la suite de Taëf. La règle a été transgressée motu proprio, ultérieurement, par le président Émile Lahoud, qui a désigné à ce poste un chiite, Jamil Sayyed, considéré comme son homme de confiance. Tout comme il n’avait pas reconduit un chrétien à la tête de la garde républicaine. Mais, pour la SG, le choix présidentiel était objectivement justifié, car cet organisme représente les yeux et les oreilles du régime dans le double domaine vital de la politique et de la sécurité. Et cela aux termes mêmes des statuts du pouvoir libanais. Partant de là, c’est bien sur l’efficacité de son assistance à venir que le président Lahoud a misé en nommant Sayyed, sans regarder à son appartenance communautaire.
Cependant, des pôles chrétiens de bords divers demandent aujourd’hui avec insistance que l’on rétablisse les équilibres dans le partage administratif. Ils insistent sur la SG et s’étonnent que, renversant les rôles, des fractions chiites prétendent que le poste est désormais leur apanage, un acquis définitif. Pour les chrétiens, deux choses : il n’est pas besoin de chercher bien loin pour que le pouvoir trouve parmi eux un professionnel capable de bien le servir. Ensuite, et surtout, il est temps qu’on leur redonne leurs droits, pour que leur communauté cesse d’être marginalisée et de constater qu’elle n’a plus rien à avoir avec l’État.
Couac
C’est assez drôle : les majoritaires new-look sont divisés... sur leurs divisions ! Certains soutiennent qu’il n’y a aucun litige interne sur les nominations, du moment que l’on maintiendrait le système de copartage mis en place sous Saad Hariri. Tandis que d’autres avertissent qu’il y a bien trop d’enjeux, notamment sur le plan sécuritaire pour que les convoitises se trouvent toutes apaisées.
Et le ver est dans le fruit. Car la connotation confessionnelle n’est pas loin. Ainsi, des radicaux du 8 Mars continuent à exiger l’éviction de responsables, notamment sunnites des services de sécurité ou de police, accusés de servir les souverainistes, et surtout Saad Hariri, alors que les partisans du chef du gouvernement, sunnite s’il en est, redisent après lui qu’il ne faut surtout pas traiter arbitrairement des fonctionnaires qui n’ont pas mérité de passer en conseil de discipline. Qu’il ne faut donc pas de vindicte, ni de remplacement qui ne soit pas justifié par des considérations professionnelles.
Cela étant, c’est le ministre de l’Intérieur, le général Marwan Charbel, qui est concerné au premier chef. Il étudie dès lors les dossiers des postulants aux postes à pourvoir ou à remplacer dans son secteur, en précisant que pour sa part il rejette l’expédient du copartage entre les partis, la sécurité étant trop vitale pour être contaminée par la politique politicienne. À son sens d’ailleurs, cela vaut pour toute l’administration, tous les services publics. Il ajoute qu’il est farouchement contre le vol, seule la loi devant régner pour tous et sur tous. Il conclut qu’il se dresse contre toute idée d’un panier de nominations parachuté en vrac sur la table du Conseil des ministres, à la suite d’un arrangement entre les fractions de la nouvelle majorité.
De son côté, Nabih Berry ne veut de changements nulle part. Surtout pas du côté de ce qu’il considère comme étant la part chiite, dont la SG. Il avance ainsi qu’il n’accepterait de céder le poste que si le commandement de l’armée était confié à un chiite. Ce qu’il doit supposer comme étant impossible...
Les chrétiens lui répondent que Jamil Sayyed n’avait pas été désigné en sa qualité de chiite, mais de proche de Lahoud. Donc l’attribution du poste n’ayant pas été de nature communautaire, il faut que les maronites le récupèrent. Toujours est-il que par suite de ce différend, et d’autres sans doute, le gouvernement a décidé de ne pas inscrire les nominations à l’ordre du jour de sa réunion de demain.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Pour qu'une cohésion gouvernementale soit en danger il faut encore que les parties prenantes soient toutes égales mais aussi libres de leurs actions et décisions. Or dans ce gouvernement, vous avez un et unique chef d'orchestre, le Hezbollah, et tous autour de petits comparses, Dhimmis et autres opportunistes du style "amrak Sidi". Pourquoi? En 2009, la majorité des députés d'Amal, comme du CPL, et bien d'autres n'ont été élu que par les voix des partisans du Hezbollah. Ah dettes quand tu nous tiens! Quand a ceux qui se prétendent du centre, ils ont tellement la pétoche au cul, qu'ils feraient n'importe quoi pour préserver leur petit monde et prendre avantage du gâteau autant que possible avant d’être totalement hors du coup dans deux ans. Hitler, Mussolini, Saddam, Kaddhafi, Ben Ali, Moubarrak, Bashar et bien d'autres étaient en parfaite cohésion grâce a leurs armes et nous avons vu ou cela a conduit.
05 h 07, le 13 juillet 2011