"Nous prenons note de l'adoption de la déclaration ministérielle par le Parlement libanais. Nous sommes toutefois préoccupés par la formulation utilisée pour évoquer le Tribunal spécial pour le Liban, qui tend à mettre en doute l'impartialité et le professionnalisme de cette juridiction internationale", a déclaré le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Bernard Valero.
"Nous appelons les autorités libanaises à respecter leurs obligations internationales, notamment en ce qui concerne la coopération avec le TSL, et nous suivrons avec la plus grande attention les mesures qui devraient être prises en ce sens dans les semaines à venir", a ajouté le porte-parole.
Le Premier ministre libanais, Najib Mikati, dont le gouvernement dominé par le camp du Hezbollah a été investi jeudi par le Parlement, a affirmé sa volonté de coopérer avec le tribunal de l'ONU qui a mis en cause des membres du parti chiite dans l'assassinat du dirigeant Rafic Hariri.
"Le gouvernement (...) continuera sa coopération (avec le tribunal) conformément à la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU ayant créé ce tribunal pour servir la justice", a dit M. Mikati, dans un discours ayant précédé le vote parlementaire.
"Faire justice est l'objectif le plus noble, un objectif que nous poursuivrons, fidèles à la mémoire des martyrs", a-t-il cependant ajouté. "J'agirai comme me le dictent ma conscience, mes valeurs morales et ma loyauté envers Rafic Hariri", a-t-il encore ajouté.
La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, s'était elle aussi inquiétée jeudi de "l'absence d'engagement" du nouveau gouvernement libanais à coopérer avec le tribunal mis en place par l'ONU pour poursuivre les responsables de l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri en 2005.

