Le député Assem Kanso a bondi de son strapontin pour se chamailler avec Khaled Daher, après l’échange d’insultes entre les deux hommes. Photo Ibrahim Tawil
La seconde phase de la séance d’hier a débuté par l’intervention du député haririen Ziyad Kadri qui a d’abord évoqué le souvenir de son père, le député Nazem Kadri, « qui est tombé en martyr pour défendre les valeurs et les constantes que je défends moi-même aujourd’hui ». « Je suis fils de martyr (...) et vingt-deux ans après cet assassinat, l’État n’a toujours pas accompli son devoir, et la vérité reste toujours occultée, a déclaré M. Kadri. Les assassins courent toujours (...). Mais pour la première fois dans l’histoire du Liban, nous nous approchons de la vérité au sujet d’un assassinat politique par le biais d’une instance judiciaire indépendante qui agit conformément à des critères internationaux (...). Il est toutefois malheureux de constater que lorsque nous nous sommes approchés de la vérité pour la première fois dans l’histoire du Liban, certaines parties ont lancé une campagne farouche contre la justice. » Après avoir déploré le fait que la recherche de la vérité est devenue « un crime », M. Kadri a déclaré qu’il est « honteux de constater que le fait d’occulter la vérité et d’entraver la justice est devenu un acte héroïque ».
Membre du bloc parlementaire des Forces libanaises, M. Antoine Zahra a déclaré que « malgré les pressions et les tentatives d’intimidation, la parole libre restera notre seul moyen d’action, afin que le droit puisse prendre le dessus sur la logique de la force, car la raison restera notre seule arme ». Après avoir souligné que « la femme libanaise a bien fait de n’avoir pas été impliquée dans ce cabinet », M. Zahra a relevé la contradiction entre les propos « d’un des ministres (allusion au ministre de l’Intérieur), qui a affirmé qu’aucune région n’est interdite d’accès à l’État, et les propos tenus par celui qui est plus important que les ministres » (le leader du Hezbollah), qui a affirmé que nul ne pourra, « même dans 300 ans », arrêter les responsables du Hezbollah faisant l’objet d’un mandat d’arrêt de la part du TSL.
Le député Ghazi Zeayter (bloc d’Amal) a reproché de son côté aux députés du 14 Mars d’axer toutes leurs interventions sur la TSL en « occultant tous les autres aspects de la déclaration ministérielle ». « Nous aussi nous voulons que justice soit faite, mais cessez de vous cacher derrière le tribunal pour pouvoir mettre la main sur le pays », a-t-il déclaré à l’adresse de l’opposition.
M. Kamel Rifaï (Hezbollah) a commencé par rendre hommage au Premier ministre avant d’affirmer que le TSL sert « les intérêts des grandes puissances ». Soulignant que « le seul danger qui menace le Liban est Israël et les États-Unis », le député hezbollahi a déclaré : « Je tiens à rassurer tout le monde sur le fait que la résistance ne s’arrêtera que lorsque l’État palestinien sera édifié sur tout son territoire national. »
« Une agression contre nos martyrs »
Le député FL Farid Habib a entamé son intervention en dénonçant les propos de Sleimane Frangié, qu’il n’a pas nommé, qui avait souligné récemment que « les ministres devraient être d’une certaine façon voyous » et que « les assassinats politiques reprendront si le gouvernement (Mikati) n’est pas formé ». « C’est précisément pour cette raison que Saad Hariri est à Paris », a-t-il souligné. M. Habib a vivement dénoncé ces propos, soulignant que l’oppresseur est par essence éphémère. Affirmant que « le 14 Mars continuera à remplir les places publiques », le député FL a rejeté l’hégémonie des armes illégales et l’aliénation de la décision nationale. Se prononçant sans détour pour la vérité et la justice dans les assassinats politiques, M. Habib a pris la défense du TSL, se demandant, sur un ton ironique, s’il aurait fallu que le tribunal international soit formé par certaines puissances régionales. Le député FL s’est d’autre part élevé contre la déclaration du leader du Hezbollah, Hassan Nasrallah, qui a accusé « certains chrétiens du 14 Mars de vouloir une confrontation sunnito-chiite ». M. Habib a en outre dénoncé implicitement les pressions exercées par le Hezbollah sur certains groupes parlementaires pour renverser la majorité. Et M. Habib de conclure : « Nous considérons que la déclaration ministérielle est une agression contre nos martyrs. »
M. Ghassan Moukheiber a de son côté commencé par mettre l’accent sur la nécessité du « dialogue », soulignant d’emblée qu’il accueillait favorablement la formation du gouvernement. Rappelant les prises de position de son oncle feu Albert Moukheiber, qui avait été le premier à réclamer le départ des forces syriennes et l’établissement de relations diplomatiques avec Damas, M. Moukheiber s’est déclaré opposé à la politique des axes régionaux, affirmant qu’il rejetait fermement le recours aux armes dans les conflits internes. Soulignant la nécessité de sortir du clivage politique bipolaire actuel, le député du Metn a mis l’accent sur l’importance de la justice et de la vérité, appelant le gouvernement à coopérer avec le tribunal international. Il a d’autre part déclaré qu’il n’aurait pas accordé sa confiance au gouvernement si ce dernier était réellement inféodé au Hezbollah et à la Syrie, « ce qui n’est pas le cas », a-t-il affirmé.
Le député Kataëb Samer Saadé a lancé pour sa part une virulente attaque contre le Hezbollah, soulignant que « nous n’acceptons pas de nous soumettre aux armes et aux missiles du Hezbollah ». Évoquant le souvenir de Pierre Gemayel et Antoine Ghanem, M. Saadé a dénoncé le fait que le gouvernement comprenne des membres dont l’instance politique de référence affirme son refus de remettre les suspects à la justice. Les attaques virulentes de M. Saadé contre le Hezbollah ont suscité de vives protestations de la part du député hezbollahi Nawwaf Moussaoui qui a affirmé que les députés du Hezbollah ont décidé de « ne pas écouter » certaines interventions. « La force de frappe arabe (dans les années 70) ne nous a pas fait peur, et les forces de Yasser Arafat ne nous ont pas fait peur, a déclaré Samer Saadé. Et aujourd’hui, ni le sayyed (Hassan Nasrallah), ni ses armes, ni ses missiles ne nous font peur. »
Nadim Gemayel
Après l’intervention du député Nohad Machnouk, qui a également provoqué une vive réaction de la part des députés du Hezbollah (voir par ailleurs), le député d’Achrafieh Nadim Gemayel a établi un parallèle entre le coup de force mené par le Hezbollah et les alliés de la Syrie au cours des cinq derniers mois sous la menace des armes, et la mise à l’écart de Rafic Hariri à la fin de 2004, également sous le poids des menaces et de l’intimidation. « À l’époque du gouvernement de Omar Karamé, Rafic Hariri et ses compagnons ont été assassinés, et aujourd’hui, le gouvernement (Mikati) est celui de l’assassinat du tribunal international », a déclaré Nadim Gemayel.
« Nous ne permettrons pas à ce gouvernement et à ceux qui le soutiennent, en l’occurrence ceux qui se font les instruments du parti des armes (le Hezbollah) et du régime syrien, de torpiller le tribunal international », a déclaré Nadim Gemayel qui a mis en garde le gouvernement contre toute dérobade au sujet du TSL « car une telle attitude risquerait de relancer les assassinats politiques ».
Rappelant que la justice libanaise n’a toujours pas dévoilé la vérité sur les assassinats de Béchir Gemayel, Kamal Joumblatt et René Moawad, Nadim Gemayel a déclaré qu’ « il n’est pas surprenant, de ce fait, de voir que certains au Liban et en Syrie œuvrent jour et nuit à torpiller le tribunal international, car ce dernier est sur la bonne voie et permettra de dévoiler ceux qui ont assassiné tous les martyrs, de Béchir Gemayel à Rafic Hariri. » Et Nadim Gemayel de conclure : « Nous faisons face à un parti armé, à une milice. » Il a été aussitôt interrompu par M. Nabih Berry qui a relevé à l’adresse du député d’Achrafieh que « le Hezbollah est une résistance ». « C’est votre point de vue, en ce qui me concerne, il (le Hezbollah) n’est pas une résistance. » Et Nadim Gemayel d’ajouter : « Nous ne permettrons pas que les armes aient la primauté sur le droit. »
Membre du bloc Berry, M. Yassine Jaber a invité le gouvernement à œuvrer de manière à « gagner la confiance des Libanais et du secteur privé ».
Prenant à son tour la parole, M. Ibrahim Kanaan (bloc Aoun) a fait le procès de la gestion de l’ancienne majorité, invitant en outre le 14 Mars à « ne pas exploiter le sang des martyrs », ce qui lui a valu une réponse acerbe du député Samy Gemayel.
Enfin, le député de Zghorta Estéphan Doueyhi a rendu un vibrant hommage au Premier ministre, soulignant en outre que les armes du Hezbollah doivent être préservées « tant que le cancer sioniste existe ». Tout en rendant hommage à plusieurs reprises à Rafic Hariri, M. Doueyhi a critiqué le tribunal international.


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Pour la premiere fois on se rapproche de la verité d'apres M. Kadri! J'ai l'impression qu'on va coller au Hezbollah tous les crimes politiques commis depuis la nuit des temps! Avouez que ca arrange tout le monde! Par contre, tous les autres, c'est des saints! Comme le peuple est naif!!!!
22 h 37, le 06 juillet 2011