Depuis la désignation de Nagib Mikati par la nouvelle majorité, la capitale du Nord est en effet régulièrement le théâtre d’incidents sanglants. Il y a eu ainsi les émeutes du 25 janvier, accompagnées d’actes de vandalisme, et plus récemment le 13 juin, les affrontements sanglants entre Bab Tebbané et Baal Mohsen. Cette nuit-là, seule la réaction ferme et rapide de Mikati lui-même, qui a demandé à l’armée d’intervenir de façon décisive, a permis l’arrêt des combats, qui avaient fait dix morts. Depuis, même si le calme est revenu, le spectre de l’instabilité plane sur la ville, relayé par des discours enflammés des groupes hostiles à Mikati. C’est en effet à Tripoli que les propos les plus violents à l’encontre du Hezbollah et du régime syrien, placés dans le même sac, sont prononcés. Ils visent d’ailleurs ouvertement à susciter la discorde confessionnelle, affirment les milieux du 8 Mars, qui ajoutent sur ce plan : « C’est comme s’il y avait une volonté persistante de pousser le Hezbollah à la faute et de l’entraîner dans une confrontation armée qui achèverait de le discréditer aux yeux de la communauté sunnite. » C’est ainsi que certains députés de la région du Nord, notamment Mohammad Kabbara, Khaled Daher et Mouïn Meraabi, font campagne contre les armes du Hezbollah. « Les députés savent parfaitement qu’une telle demande est impossible à satisfaire dans le contexte actuel, mais leurs propos contribuent à aiguiser les susceptibilités confessionnelles et ouvrent la voie à de nouveaux scénarios », soulignent les sources de la majorité. Et de poursuivre : « C’est ainsi que le cheikh salafiste Zakaria al-Masri a pratiquement invité toutes les parties à Tripoli à s’armer et à ne pas déposer les armes avant que le Hezbollah en fasse de même. En même temps, des voix s’élèvent de plus en plus pour réclamer que Tripoli soit une ville désarmée. Dans le contexte actuel, cela équivaut en quelque sorte à lancer un appel pour faire de la capitale du Nord une poudrière où la moindre étincelle pourrait enflammer le tout. Certains députés ont été encore plus loin, accusant l’armée de laisser le Hezbollah installer des batteries de missiles au Akkar, le long de la frontière syrienne. Non seulement l’accusation vise à augmenter la tension et l’angoisse chez les habitants de cette région du pays, mais de plus, elle met en cause l’armée, ce qui signifie un échelon de plus dans l’escalade verbale et un début de campagne contre cette institution jusque-là respectée (au moins publiquement) par toutes les parties internes. »
Selon certaines informations en provenance de Tripoli, Mohammad Kabbara, Khaled Daher et Mouïn Meraabi n’agiraient pas vraiment sur base d’instructions du courant du Futur, les trois ayant une grande autonomie, mais celui-ci ne peut pas non plus les désavouer, alors qu’il mène une campagne totale contre Mikati et qu’il s’apprête à choisir le général Achraf Rifi comme prochain candidat aux élections législatives en 2013, après qu’il eut présenté sa démission de son poste de directeur général des FSI.
Dans ce contexte particulièrement difficile, Mikati a réussi jusqu’à présent à tirer son épingle du jeu et à juguler les revendications, utilisant tout son crédit pour désamorcer les bombes posées sur son parcours. Mais il doit désormais affronter une situation encore plus compliquée avec l’approbation de l’acte d’accusation du TSL. Dans certains milieux extrémistes, des rumeurs circulent sur une volonté du Hezbollah de rééditer le scénario du 7 mai 2008, pour couper court à toute velléité d’arrêter les quatre personnes faisant l’objet de mandats d’arrêt. Le Hezbollah ne cesse d’affirmer qu’il n’a aucun projet de ce genre et le secrétaire général du Hezbollah devrait le répéter dans son prochain discours, mais la peur reste la plus forte, alimentée par certains discours, inconsidérés ou cherchant sciemment à approfondir le fossé entre les Libanais. Et Tripoli reste un terrain fertile...


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Tina Chamoun, je ne sais pas si ma réponse est passée. j'ai oublié de vous préciser. je ne me proclame pas scientifique. c'est ce que je suis depuis plus de 15 ans. mais cette remarque sur ma personne qu'est ce qu'elle vient faire dans notre débat politique? j'ai mes limites et je n'ai pas compris?! :)
14 h 09, le 03 juillet 2011