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Le retrait américain d’Afghanistan lié à des questions de politique intérieure

Les Européens eux aussi tentés par un retrait

Certains pays veulent accélérer leur désengagement, dans un contexte modifié par la mort de Ben Laden et les difficultés budgétaires.

Environ 5 000 soldats allemands sont actuellement engagés dans la mission afghane, hautement impopulaire en Allemagne.Fabrizio Bensch/Reuters

La décision des États-Unis de retirer d’Afghanistan un tiers de leurs troupes d’ici à un an est susceptible de pousser d’autres pays de l’OTAN en Europe. Avec des Européens empêtrés dans la crise de la dette et dont les capacités militaires montrent leurs limites avec la prolongation du conflit en Libye, Barack Obama devra faire attention à éviter une «course vers la sortie» d’Afghanistan, estiment des analystes. «Si le signal perçu est que nous quittons simplement l’Afghanistan, il y a un risque de débandade», estime Brian Jenkins, analyste au centre d’études Rand Corporation et ancien membre des forces spéciales américaines.
Le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a estimé que les «progrès» réalisés en Afghanistan permettaient ce retrait partiel des Américains. «Les talibans sont sous pression. Les forces de sécurité afghanes se renforcent chaque jour et pourront prendre le relais (des forces internationales) en 2014», a-t-il dit. Il a aussi souligné que les décisions stratégiques concernant l’Afghanistan faisaient l’objet d’«étroites consultations» entre alliés.
La France, qui compte actuellement 4000 soldats en Afghanistan, a immédiatement annoncé qu’elle engagerait «un retrait progressif» de ses renforts, «de manière proportionnelle et dans un calendrier comparable au retrait des renforts américains». «Notre objectif est également, à la fin de cette année, de pouvoir réduire pour la première fois le contingent allemand» engagé dans le nord du pays, a de son côté déclaré le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, sans toutefois donner de chiffres. Environ 5000 soldats allemands sont actuellement engagés dans cette mission, hautement impopulaire en Allemagne.
Le secrétaire américain à la Défense sortant, Robert Gates, avait prévenu début juin que les progrès réalisés en Afghanistan «seraient menacés» si la transition ne se déroulait pas en bon ordre. Pour de nombreux pays européens, les problèmes financiers et politiques causés par la présence en Afghanistan ne sont toutefois pas négligeables. Londres «est sous une forte pression financière», relève Jeffrey Lightfoot, du centre d’études Atlantic Council, alors que le gouvernement de David Cameron est engagé dans une sévère politique de rigueur.
En Italie, Umberto Bossi, chef de la Ligue du Nord, parti populiste membre-clé de la fragile coalition de droite de Silvio Berlusconi, a estimé que l’on pourrait économiser «un beau milliard d’euros» en «mettant fin aux missions de paix» à l’étranger, en Libye, Afghanistan et au Liban. Un «conseil suprême de défense» est d’ailleurs prévu le 6 juillet à Rome pour faire le point sur ces interventions.
Toutefois, c’est le «niveau de pertes» qui pourrait être crucial dans l’attitude des alliés, estime Nick Witney, chercheur au European Council on Foreign Relations (ECFR). «L’opinion publique va de moins en moins accepter des pertes supplémentaires et pourrait conclure: “Ça suffit, on en a fait assez”», explique M. Witney.
Mais il ne faut pas oublier qu’un départ précipité pourrait déstabiliser toute une région déjà particulièrement volatile, du Pakistan à l’Inde, souligne Brian Jenkins, de Rand Corporation.
(Source : AFP)
La décision des États-Unis de retirer d’Afghanistan un tiers de leurs troupes d’ici à un an est susceptible de pousser d’autres pays de l’OTAN en Europe. Avec des Européens empêtrés dans la crise de la dette et dont les capacités militaires montrent leurs limites avec la prolongation du conflit en Libye, Barack Obama devra faire attention à éviter une «course vers la sortie» d’Afghanistan, estiment des analystes. «Si le signal perçu est que nous quittons simplement l’Afghanistan, il y a un risque de débandade», estime Brian Jenkins, analyste au centre d’études Rand Corporation et ancien membre des forces spéciales américaines.Le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a estimé que les «progrès» réalisés en Afghanistan permettaient ce retrait partiel des Américains. «Les talibans...