"Avec ce que la Tunisie nous a donné comme aide (...) nous avons dépassé le stade de la reconnaissance", a déclaré le président du CNT Moustapha Abdeljalil après un entretien avec le Premier ministre Béji Caïd Essebsi.
M. Abdeljalil a précisé avoir été invité à Tunis par le président par intérim Fouad Mebazaa.
Dans une interview à la chaîne qatariote Al-Jazira, lundi soir, M. Essebsi avait déclaré que la Tunisie reconnaîtrait le CNT, "lorsqu’il nous le demandera".
Comme on lui demandait s'il avait fait la demande et si Tunis y avait répondu positivement, M. Abdeljalil a répondu: "l'accueil et le soutien des Tunisiens et ce qui s'est déjà passé entre nous va au-delà de la question de la reconnaissance".
"Tous les régimes arabes ont reconnu que le régime de Mouammar Kadhafi a perdu toute légitimité et que le Conseil National est le seul représentant des Libyens", a-t-il ajouté au cours d'un bref point de presse.
Interrogé sur la question de savoir si Tunis allait reconnaître officiellement le CNT, un responsable tunisien qui a requis l'anonymat, a dit à l'AFP: "pas pour l'instant". "Peut-être n'ont-ils pas demandé car ils savent dans quelle position est la Tunisie", a-t-il ajouté.
En tant que voisine de la Libye et habituée à des missions de médiation, la Tunisie peut jouer "un rôle crucial pour parvenir à une solution politique en Libye", avait souligné la veille l'émissaire russe pour l'Afrique Mikhail Marguelov de passage à Tunis.
Une reconnaissance du CNT pourrait gêner Tunis comme intermédiaire entre Tripoli et Benghazi et exposer la Tunisie à des risques à sa frontière sud. Des obus ou roquettes des forces pro-Kadhafi sont tombés à plusieurs reprises en territoire tunisien depuis le début du conflit libyen.
Une quinzaine de pays ont jusqu'à présent reconnu le CNT, dont les Emirats arabes unis, la France, le Qatar, le Royaume-Uni, l'Italie, l'Espagne, l'Australie, les Etats-Unis, le Canada et l'Allemagne. L'Autriche s'est jointe à ce groupe samedi.
M. Abdeljalil a salué le rôle "pionnier" de la Tunisie dans l'éclosion du Printemps arabe et souligné que Tunis aura une place importante dans la reconstruction de la Libye.
Il a également exprimé sa reconnaissance au peuple et au gouvernement tunisiens pour l'accueil des réfugiés, soulignant que nombre d'entre eux ont été hébergés par des familles tunisiennes.


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