Cette dernière reste toutefois la plus probable, alors que le rapt d'étrangers par des tribus locales est une pratique courante dans le pays. Ils servent comme monnaie d'échange pour demander la libération de prisonniers ou de l'argent, mais également comme moyen de pression sur le gouvernement de Sanaa. Au cours de quinze dernières années, près de 200 ressortissants étrangers ont été enlevés, la plupart ayant finalement été relâchés sains et saufs.
Mais le contexte est différent aujourd'hui, alors que le président du Yémen, Ali Abdallah Saleh -au pouvoir depuis 32 ans- fait face à une grave contestation populaire. La Voix du Yémen craint que les violents combats qui font rage dans la capitale Sanaa et dans plusieurs autres grandes villes du pays ne dégénèrent en une guerre tribale. «Du fait de la dégradation rapide de la situation sécuritaire dans le pays, marquée par des affrontements de plus en plus violents», Le Quai d'Orsay a par ailleurs demandé, dès le 26 mai, à ses ressortissants «de quitter provisoirement le pays au plus vite, en empruntant les vols commerciaux». Vendredi, le ministère a précisé avoir fait partir du pays le personnel non essentiel de son ambassade. Selon Bernard Valero, le nombre de Français encore présents au Yémen est estimé à quelques dizaines de personnes.
Des humanitaires expérimentés
Un membre de l'organisation Triangle Génération Humanitaire a présenté, sur BFM TV, les deux femmes et l'homme disparus comme des «professionnels de l'humanitaire parfaitement respectueux des consignes de sécurité». «On n'imaginait pas ce type d'incident dans cette région, reconnait Christian Lombard, co-directeur de l'ONG, au micro d'Europe 1. On ignore réellement ce qu'il s'est passé».
Respectivement âgés de 26, 32 et 29 ans et tous salariés de l'organisation, ils travaillaient à Seyoun, avec une équipe de 17 Yéménites. Dans un communiqué, l'ONG a précisé avoir perdu leur trace samedi, entre «13h15 et 14H00 (heure locale) lors d'un court déplacement à l'intérieur de la ville», entre le bureau de l'association et le lieu d'habitation des trois Français. Depuis mars dernier, ils «travaillaient sur les programmes de développement, de sécurité alimentaire et de gestion de l'eau», a précisé un autre représentant de l'association à Reuters. Triangle Génération Humanitaire est présente au Yémen depuis 1998. Les autorités françaises sont mobilisées «pour savoir ce qui s'est passé» et sont «en contact étroit avec [leurs homologues] yéménites, notamment les forces de sécurité» a déclaré Bernard Valero.
Cette dernière reste toutefois la plus probable, alors que le rapt d'étrangers par des tribus locales est une pratique courante dans le pays. Ils servent comme monnaie d'échange pour demander la libération de prisonniers ou de l'argent, mais également comme moyen de...


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