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Couverture spéciale de la révolte au Yémen - Papier D'angle

Saleh jouerait-il la carte Qaëda ?

Des combattants d’el-Qaëda auraient pris le contrôle de Zinjibar, une ville du Sud. Les opposants accusent le pouvoir d’avoir laissé la ville tomber aux mains des militants d’el-Qaëda afin de matérialiser son slogan : moi ou les islamistes. En soirée, des forces loyales ont tenté de prendre d’assaut la place de Taëz tenue par les contestataires.
Des généraux dissidents ont accusé hier le président yéménite contesté Ali Abdallah Saleh d'avoir livré une province du Sud aux « terroristes », après la prise de contrôle par des éléments présumés d'el-Qaëda dans la péninsule arabique (AQPA) de la ville de Zinjibar. Un responsable yéménite a annoncé que des éléments armés ont pris le contrôle de la ville à l'issue de combats avec l'armée ayant fait 23 morts, dont cinq civils tués hier. Selon un responsable local, plus de 200 hommes armés ont envahi Zinjibar vendredi et ont affronté les forces gouvernementales. « Les hommes armés ont achevé des soldats qui s'étaient rendus et nous ont empêchés d'enterrer les militaires morts et leurs corps sont restés au soleil », a affirmé un habitant qui a requis l'anonymat. Des dizaines de familles ont fui la ville, comme Nazir Ahmad Saïd, qui a affirmé avoir pris peur « car la ville est aux mains d'hommes armés qui disent appartenir à el-Qaëda ».
L'opposition a estimé que M. Saleh avait « livré la ville à des groupes armés » afin « d'agiter l'épouvantail d'el-Qaëda » et de pouvoir continuer à jouir d'un soutien des puissances régionales, Arabie saoudite en tête. Des accusations relayées par le général Abdallah Ali Aleioua, ancien ministre de la Défense, devenu le porte-parole d'unités dissidentes de l'armée soutenant les manifestants. Il a appelé hier les unités restées fidèles à Saleh à rejoindre les unités dissidentes et les manifestants. Le chef de l'État a affirmé récemment que l'insécurité risquerait de faire tomber aux mains d'el-Qaëda plusieurs provinces du Sud et de l'Est. L'AQPA, qui dispose de repaires dans les régions montagneuses des provinces yéménites d'Abyan, de Chaboua, du Djouf et de Marib, est considérée par Washington comme la branche la plus active de la nébuleuse islamiste.
À Sanaa, la tension restait vive en dépit d'une trêve entre les forces de l'ordre et les hommes armés du puissant chef tribal des Hached, cheikh Sadek el-Ahmar. Les hommes du cheikh ont commencé à évacuer, en vertu d'un accord, des bâtiments publics dont ils avaient pris le contrôle en début de semaine dans des combats qui ont fait au moins 68 morts. Après le ministère de l'Administration locale, ils doivent quitter d'autres bâtiments dont le siège de l'agence de presse officielle SABA. Dans le reste de la ville, des barrages ont été érigés par les forces fidèles au président Saleh et par les unités dissidentes de l'armée, au milieu d'un déploiement renforcé de blindés et de mitrailleuses.
Les piétons et les voitures ont refait leur apparition dimanche dans les rues de la capitale. Des magasins d'appareils électroniques, des parfumeries et d'autres commerces étaient ouverts, mais les clients étaient rares, de nombreux habitants s'efforçant de limiter leurs dépenses pour pouvoir s'acheter rapidement des produits de première nécessité au cas où les combats reprendraient. « Les affaires sont très mauvaises. Nous avons dû licencier certains employés. Il n'y a pas d'argent et je ne peux même pas payer le loyer », déplore un commerçant.
La trêve s'étend à des zones extérieures à Sanaa, mais hier, quatre manifestants ont été tués par des tirs de la police dans la ville de Taëz.
Parallèlement, après la disparition samedi de trois humanitaires français dans le sud du Yémen, l'ONG Triangle Génération Humanitaire a décidé de rapatrier plus de la moitié de la dizaine d'expatriés travaillant pour elle dans ce pays. Le Forum commun, une alliance de partis yéménites opposés au président Saleh, a condamné l' « enlèvement » des trois humanitaires, que les autorités yéménites et l'ONG ont présenté jusqu'à présent comme une disparition. Ces partis d'opposition ont demandé « la libération immédiate des Français et de leur chauffeur yéménite », affirmant que « ce crime porte atteinte à l'image du Yémen ».
(Source : agences)
Des généraux dissidents ont accusé hier le président yéménite contesté Ali Abdallah Saleh d'avoir livré une province du Sud aux « terroristes », après la prise de contrôle par des éléments présumés d'el-Qaëda dans la péninsule arabique (AQPA) de la ville de Zinjibar. Un responsable yéménite a annoncé que des éléments armés ont pris le contrôle de la ville à l'issue de combats avec l'armée ayant fait 23 morts, dont cinq civils tués hier. Selon un responsable local, plus de 200 hommes armés ont envahi Zinjibar vendredi et ont affronté les forces gouvernementales. « Les hommes armés ont achevé des soldats qui s'étaient rendus et nous ont empêchés d'enterrer les militaires morts et leurs corps sont restés au soleil », a affirmé un habitant qui a requis l'anonymat. Des dizaines de familles...