Ce résultat n'a en soi rien d'infamant, d'autant qu'aucun des concurrents de l'OM dans la course au titre ne s'est imposé cette année chez les Merlus. Le leader Lille n'a pas fait mieux (1-1), le Paris-SG non plus, et Lyon et Rennes y ont même chuté.
Si l'espoir marseillais ne tient désormais plus qu'à un fil, si Marseille a vraisemblablement « dit adieu » au titre dimanche pour reprendre l'expression de son capitaine Steve Mandanda, il faut en chercher les causes ailleurs que dans ce match nul d'un soir.
Le match nul au Moustoir ne doit pas occulter une demi-saison de haut vol entamée au retour de janvier : avec 37 points en 17 matches, la formation de Didier Deschamps pouvait difficilement faire mieux. Et seul un revirement total de cap de Lille lors des trois derniers matches pourrait lui ouvrir de nouveau la voie de la première place.
Au club, personne n'y croit vraiment. Et le ressort s'est sensiblement affaibli, chez les joueurs comme chez les dirigeants, depuis la défaite à Lyon (3-2).
Ceux-ci doivent cependant tirer au mieux les leçons de cette saison. La principale s'impose : en chamboulant largement l'effectif l'été dernier, jusqu'au bout du mois d'août, l'OM s'est placé en difficulté tout seul.
La mauvaise gestion du mercato - de la non-anticipation du départ du buteur et capitaine Mamadou Niang pour Fenerbahçe (1re div. turque) aux tergiversations sur le choix de son successeur - et le coût financier de ces opérations de quasi-dernière minute ont en effet plombé le début d'exercice du champion.
Surtout que les changements ont principalement concerné la ligne d'attaque, celle-là même où le chantier est a priori le plus long à mettre en place. Les difficultés d'intégration de Gignac en sont le symbole le plus net.
Et Deschamps n'a eu de cesse d'expliquer que Lille, à la fluidité de jeu unanimement saluée, a conservé l'ossature de son équipe de 2009-2010, renforcée uniquement du seul Moussa Sow, qui est devenu au passage le meilleur buteur du championnat, profitant d'un collectif huilé...
Deschamps rappelle aussi que Bordeaux, lors de son sacre en 2008-2009, avait également conservé l'essentiel de son effectif.
Les moyens financiers limités dont va bénéficier l'OM cet été pour son recrutement, où sera privilégiée la venue de joueurs libres (un latéral gauche et un attaquant sont ciblés), semblent indiquer qu'il n'y aura pas de révolution au rayon arrivées.
La priorité des responsables marseillais, rassurés par la qualification plus que probable en Ligue des champions, sera donc de conserver le maximum de joueurs. Des discussions sur différentes prolongations de contrat sont en cours. En attendant celles concernant Deschamps lui-même.
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