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Culture - Accrochage

Scènes de la vie ordinaire par Lucy Tutunjian

Trente et une toiles, joyeusement colorées, de Lucy Tutunjian aux cimaises de la galerie Hamaskaïne (Bourj Hammoud).

Fidèle à son inspiration et à sa palette toujours garnie d'huiles généreusement réparties, voilà une femme peintre qui fait fi d'un âge vénérable et s'exprime, dans son art, certes avec dévotion et une certaine sagesse, mais aussi avec liberté et jeunesse d'esprit.
De ses savoureuses recettes de cuisine (son récent livre sur la gastronomie arméno-asiatique est déjà presque épuisé) à ses gammes au clavier pour une Ballade de Chopin ou un Impromptu de Schubert, en passant par son assiduité à capter lumière et sérénité sur les toiles, Lucy Tutunjian, véritable valeur sûre dans le paysage fluctuant environnant, n'est plus à présenter au public.
Aujourd'hui, la voilà à nouveau sous les feux de l'actualité avec ses pinceaux, sa palette, son chevalet et ses toiles. Des toiles aux formats toujours réduits ou moyens avec une rare incursion pour des mégadimensions et cela, inlassablement, pour un parcours de presque un demi-siècle.
Grand-mère comblée et artiste rompue à toutes les tâches qui relèvent de l'art de vivre et de créer, Lucy Tutunjian, d'une confondante efficacité et modestie pour s'activer dans toutes les associations caritatives et s'investir, sans compter, pour l'entraide humanitaire, a aussi toujours la faculté, non seulement d'un labeur intense, mais l'agrément de surprendre et de séduire.
En offrant aux regards ce riche bouquet de tableaux où se mêlent en toute suave douceur des paysages de montagne ou de bord de mer, de chaleureux et vibrants portraits de mères avec leur enfant ou tout simplement l'amour pour les bêtes domestiques à travers de charmantes représentations animalières (des oiseaux, un chien), Lucy Tutunjian ne quitte jamais les limites et les frontières de son univers.
Un univers feutré, élégant, préservé, miraculeusement heureux et paisible en ces temps de stridence et de cacophonie modernes où entre jardins soignés, promenades le long de la côte, farniente au versant d'une colline, radieux souvenirs de l'Égypte où se sont écoulées ses jeunes années, le pinceau a l'allure serpentine d'un fleuve qui se répand en toute quiétude et fraîcheur, accompagné de son roulis, sans accrocs ni anicroches.
Sans faute de goût, sans tintamarre, sans forcer ni le talent, ni le style, ni l'inspiration, ni les couleurs, sans éclats particuliers, si ce n'est la préoccupation de rendre respectueusement, avec un imperceptible grain d'originalité, la beauté majestueuse et éphémère des instants bénis, tels une conviviale assemblée pour un anniversaire, un coucher du soleil qui rosit les cimes des montagnes, une séance de ballet pour petites filles, une exubérante réunion familiale, l'image d'une maison aux volets souriants, un bateau qui tangue sur l'eau...
Scènes de la vie ordinaire pour une peinture qui ne craint pas non plus l'emploi fort et parfois audacieux des couleurs. Si l'artiste a assez de malice pour faire un subtil clin d'œil aux influences des écoles picturales modernes du pays d'Archille Gorki, elle ne boude pas non plus une expression parfaitement personnelle avec un usage maîtrisé, savamment équilibré pour que jamais le criard ne l'emporte, des tons jaune, vert, grenat, coruscant. Tout en soulignant, avec détermination, personnages et paysages en des traits noirs élégamment fauvistes.
Monde enchanté et presque pur d'une grande dame qui a un regard toujours chargé de compassion, de mansuétude et d'humanité. Aussi bien dans la vie que sur les toiles. D'ailleurs, elle le confesse sans ambages : « Ce qui m'intéresse c'est la nature et... la nature humaine. »
Fidèle à son inspiration et à sa palette toujours garnie d'huiles généreusement réparties, voilà une femme peintre qui fait fi d'un âge vénérable et s'exprime, dans son art, certes avec dévotion et une certaine sagesse, mais aussi avec liberté et jeunesse d'esprit.De ses savoureuses recettes de cuisine (son récent livre sur la gastronomie arméno-asiatique est déjà presque épuisé) à ses gammes au clavier pour une Ballade de Chopin ou un Impromptu de Schubert, en passant par son assiduité à capter lumière et sérénité sur les toiles, Lucy Tutunjian, véritable valeur sûre dans le paysage fluctuant environnant, n'est plus à présenter au public. Aujourd'hui, la voilà à nouveau sous les feux de l'actualité avec ses pinceaux, sa palette, son chevalet et ses toiles. Des toiles aux formats toujours réduits ou...
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