M. Larijani a accusé publiquement mercredi M. Ahmadinejad de "violer la loi" en refusant de répondre aux exigences du Parlement sur la manière de mener la fusion en cours de plusieurs ministères.
"Si le gouvernement a des problèmes de compréhension de la loi, le Parlement peut la lui expliquer", a-t-il sarcastiquement affirmé selon les médias iraniens qui font jeudi leurs gros titres sur cette polémique.
"Le chef respecté du Parlement croit qu'il est l'incarnation de la loi, mais ce n'est pas correct", a répliqué peu après M. Ahmadinejad en conseil des ministres. M. Larijani "ferait mieux de relire la loi", a ajouté le président en accusant le président du Parlement de "troubler la vie politique".
"Certains croient qu'ils sont les chefs et que le gouvernement doit leur obéir, mais le président du Parlement ferait mieux de faire son devoir et de laisser l'exécutif faire le sien pour construire et gérer le pays", a-t-il ajouté.
Les relations entre le Parlement, dominé par le courant le plus conservateur du régime, et le gouvernement sont régulièrement émaillées de tensions, avivées par la rivalité politique entre MM. Ahmadinejad et Larijani qui s'étaient retrouvés en concurrence lors de la présidentielle de 2005.
Mais il est exceptionnel que les deux dirigeants s'en prennent nommément l'un à l'autre et aussi durement en public.
Cet accrochage intervient peu après un conflit sans précédent qui a opposé ouvertement pendant dix jours fin avril le président et son entourage aux ultraconservateurs du régime rassemblés derrière le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, après le refus de ce dernier d'accepter le limogeage du ministre du Renseignement Heydar Moslehi.
Le projet de restructuration qui a déclenché la nouvelle polémique prévoit de fusionner plusieurs ministères -dont ceux de l'Energie et du Pétrole- pour ramener leur nombre de 21 à 17 en vertu d'une décision inscrite dans le plan quinquennal en cours.

