"Cet accord n'est pas une menace vis-à-vis de laquelle il faut se bunkeriser, c'est au contraire une chance à saisir et c'est ce que j'essaierai de plaider dans un voyage que je compte faire au cours des prochains jours dans la région", a déclaré Alain Juppé devant l'Assemblée nationale.
Le ministre n'a donné ni date précise, ni lieu. Ce voyage pourrait le conduire en Israël, dans les Territoires palestiniens et peut-être au Liban.
L'ensemble des factions palestiniennes ont signé la semaine dernière au Caire un accord qui prévoit la formation d'un gouvernement de personnalités non affiliées au Fateh ou au Hamas, chargé de préparer des élections présidentielle et législatives dans un délai d'un an.
La France a "accueilli favorablement" cet accord, a rappelé Alain Juppé. "Nous pensons qu'il peut contribuer à la réconciliation palestinienne et aussi à l'avancée du processus de paix. Encore faut-il en clarifier tous les éléments", a-t-il ajouté, "et c'est la raison pour laquelle nous demandons au Hamas de s'engager clairement sur trois conditions: la renonciation au terrorisme, le respect des accords passés internationalement et enfin la pleine reconnaissance de l'Etat d'Israël".
"Si nous parvenons à réunir (en France, a priori fin juin, ndlr) une conférence des donateurs qui soit aussi une conférence politique, je pense que nous préparerons l'échéance de l'Assemblée générale des Nations unies dans des conditions qui ne soient pas seulement le statu quo mais en initiative", a aussi fait valoir le ministre.
Lors de cette Assemblée générale, en septembre, l'Etat palestinien pourrait être formellement créé sur la base d'un accord politique ou à défaut être reconnu par une majorité des membres de l'ONU.
La semaine dernière, Alain Juppé avait annoncé vouloir élargir une conférence de donateurs pour les Territoires palestiniens prévu en juin en France à une réunion politique permettant de sortir de l'impasse le processus de paix.
"Le statu quo au Proche-Orient n'est plus tenable. Il l'est d'autant moins que le contexte régional s'est profondément modifié du fait de la révolution égyptienne et des évènements dramatiques qui se déroulent en Syrie", a-t-il fait valoir devant les députés.
"Il faut reprendre le dialogue (...) sur la base de paramètres clairs", avec "le retour aux frontières de 1967 avec des échanges agréés de territoires, des garanties de sécurité et d'intégration régionales pour Israël, (et) Jérusalem capitale des deux Etats", a-t-il ajouté.


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