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Liban - Exécutif

Les milieux de la nouvelle majorité se renvoient la balle

L'impasse gouvernementale continue de susciter des commentaires souvent acerbes dans les divers milieux politiques.
Les prises de position les plus significatives au cours du week-end écoulé étaient celles qui, au sein même de la nouvelle majorité parlementaire, commençaient à douter sérieusement de la capacité de cette dernière à former le gouvernement.
Sans parler expressément de la question gouvernementale, le président de la Chambre, Nabih Berry, est revenu à la charge samedi soir pour réclamer la fin du clivage politique qui a « divisé le potentiel du pays verticalement et horizontalement ».
Simultanément, des députés de son bloc se livraient à une autocritique au sujet du processus gouvernemental. Le plus virulent d'entre eux, Ali Bazzi, a souligné, dans ce qu'il a appelé une « critique objective », que « les forces de la nouvelle majorité se sont montrées incapables de mettre en place un gouvernement fort et capable de faire face aux défis intérieurs et extérieurs ».
Son collègue Ali Khreiss a déploré hier « l'état lamentable » auquel est parvenu le pays « à cause de l'incapacité d'un camp unique à former un gouvernement de salut national ». « Il faut des concessions dans l'intérêt du Liban », a ajouté M. Khreiss, soulignant que les parts au sein du cabinet ne sont pas une fin en soi.
La veille, le même député avait fait valoir que « le camp politique concerné par la formation du cabinet assume l'entière responsabilité. Il doit ou bien trancher et mettre un terme à cette mascarade ou bien annoncer clairement son échec et rentrer chez lui ».
Kassem Hachem, député baassiste de Marjeyoun-Hasbaya et membre aussi du bloc de M. Berry, a indiqué pour sa part qu'il « n'est plus permis d'attendre ». « Nous sommes responsables devant les Libanais, dans ce que nous représentons comme forces politiques, de la mise en place rapide du gouvernement », a-t-il dit.
Dans les rangs du PSP, le constat est encore plus sévère. Pour le ministre sortant des Travaux publics, Ghazi Aridi, l'impasse gouvernementale actuelle est « honteuse ». Mais plus explicites sont les propos tenus par le responsable de l'information au sein du parti joumblattiste, Rami Rayès. « Nous déployons tous les efforts possibles aux côtés des diverses forces politiques en vue de former le gouvernement », a-t-il dit, avant d'ajouter : « La dernière phase a démontré l'échec total du camp baptisé " nouvelle majorité ". Ce camp s'est révélé incapable de mettre en place le cabinet à cause des hésitations des uns, des suspicions des autres et des revendications absurdes des troisièmes ».
Pour M. Rayès, « il n'y a d'issue qu'en prenant des mesures susceptibles de rétablir la confiance entre les Libanais ».
Du côté du Bloc du changement et de la réforme, le ton est bien entendu très différent et on n'hésite plus à reprocher nommément au président de la République et au Premier ministre désigné d'être eux-mêmes les responsables du retard intervenu dans la formation du gouvernement.
C'est le cas du député Alain Aoun qui a affirmé hier que le chef de l'État, Michel Sleiman, « ne veut pas de gouvernement pour le moment ». Son collègue Walid Khoury a assuré que « la nouvelle majorité a une vision claire des choses » et estimé que « la responsabilité du retard n'est pas imputable au Bloc du changement et de la réforme, mais plutôt à la partie qui est chargée de la formation du gouvernement ».
Quant à Simon Abiramia, il a réaffirmé que le bloc aouniste « ne cédera pas sur ses droits et qu'il n'y aura pas de retour en arrière ». « Ce message est adressé au Premier ministre désigné et au président de la République, mais peut-être qu'il est aussi adressé à des forces extérieures qui exercent parfois des pressions sur certaines parties au Liban dans le but d'interdire au CPL d'accéder à des ministères importants par le biais desquels nous serions en mesure d'édifier un État », a ajouté M. Abiramia.
« Le ministère de l'Intérieur est pour nous un droit acquis essentiel et nous ne l'abandonnerons jamais », a-t-il dit.
Allant dans le même sens, le député Naji Gharios s'en est pris au représentant du secrétaire général de l'ONU au Liban, Michael Williams, qui a effectué dernièrement une tournée auprès de divers dirigeants politiques du pays. Pour M. Gharios, M. Williams « déploie des efforts suspects. Il s'ingère dans nos affaires intérieures et entrave la formation du cabinet ».
Autre réaction intéressante au sein du 8 Mars, celle de l'ancien ministre Abdel Rahim Mrad, qui a accusé le Premier ministre désigné, Nagib Mikati, d'être « le principal poseur d'obstacles ».

Les réactions au sein du 14 Mars
De l'autre côté de l'échiquier politique, le ton est naturellement mis sur l'échec et l'impuissance du 8 Mars.
Le ministre sortant du Travail, Boutros Harb, a ainsi estimé que « ce qui a fait échec au processus, c'est la méthode politique utilisée par les forces de la nouvelle majorité qui ont essayé d'imposer un gouvernement en conserve à M. Mikati et au chef de l'État, dans le but de mettre la main sur le pouvoir de décision ».
Plus virulent, le PNL a accusé le 8 Mars de « jouer aux cartes le sort de la nation, ses assises et les intérêts des Libanais ». Pour ce parti, le camp adverse n'a plus que deux options : « Ou bien il revient sur les objectifs de son coup d'État ou bien il adopte un profil bas et s'abstient de former un gouvernement issu de ses rangs. Un cabinet de fait accompli, même si le concept en est confus, serait alors une planche de salut pour ce camp qui pourrait alors dissimuler ses propres contradictions et son impuissance. »
Le mouvement du Renouveau démocratique (RD de Nassib Lahoud) a de son côté souligné que la nouvelle majorité « s'efforce actuellement de dissimuler la réalité de l'impasse à laquelle elle est parvenue en s'attaquant à ce qui reste comme instances constitutionnelles échappant jusqu'ici à son emprise, en particulier la présidence de la République ».
« Ce qui inquiète le plus les citoyens, c'est de voir les principaux promoteurs du retournement de table et de la nouvelle majorité se transformer en grands pourfendeurs de l'impasse actuelle. C'est un comble dans la fuite devant les responsabilités. On prend les gens pour des imbéciles », souligne le RD.
Enfin, le ministre sortant des Affaires sociales, Sélim Sayegh (Kataëb), a fait assumer à la nouvelle majorité la responsabilité de chaque jour de retard dans la formation du cabinet « et des conséquences politiques, économiques et sociales qui en découlent ».
« Ce n'est pas moi qui leur fais assumer cette responsabilité, c'est le peuple libanais qui le fera aux prochaines élections », a ajouté M. Sayegh, réitérant l'appel de son parti à un « gouvernement de salut national ».
Les prises de position les plus significatives au cours du week-end écoulé étaient celles qui, au sein même de la nouvelle majorité parlementaire, commençaient à douter sérieusement de la capacité de cette dernière à former le gouvernement. Sans parler expressément de la question gouvernementale, le président de la Chambre, Nabih Berry, est revenu à la charge samedi soir pour réclamer la fin du clivage politique qui a « divisé le potentiel du pays verticalement et horizontalement ».Simultanément, des députés de son bloc se livraient à une autocritique au sujet du processus gouvernemental. Le plus virulent d'entre eux, Ali Bazzi, a souligné, dans ce qu'il a appelé une « critique objective », que « les forces de la nouvelle majorité se sont montrées incapables de mettre en place un gouvernement fort et...
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