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Culture - Exposition

La peinture autopsychanalyse de Sari el-Khazen

Trente-cinq toiles toutes avec des tons de gris, reflétant le monde des villes et la vie par-delà les notions de mal et de bien, sont exposées aux Souks de Beyrouth par Sari el-Khazen.

Expression d’un art aux multiples facettes.  Photo D.R.

Spleen, stridence, angoisse, rêves et cauchemars modernes habitent ces espaces fantasmagoriques. Le signataire de ces représentations allégoriques et symbolistes est l'architecte et designer urbain Sari el-Khazen.
Même ses habits sont dans les tons de gris. Tee-shirt et jeans moulants gris avec des cheveux noirs de geai (et d'imperceptibles filaments de blanc ! ) sur une barbe sel et poivre de quelques jours pour cet enfant du siècle, mordu de bougeotte et infatigable agitateur de conscience, qui a bourlingué pour ses études entre Los Angeles et New York.
Il est enseignant à l'université, présentateur d'un show télévisé local, architecte de plusieurs établissements en ville (Sky Bar, Le Cactus) et à l'étranger (un polo club transformé en restaurant à Accra au Ghana sur le golfe de Guinée), des villas au Lagos au Nigeria, mais pour cet hyperactif qui doute de tout, décortique tout et ne laisse rien au hasard, cela ne suffisait pas. Lui qui a fait sienne la formule de Winston Churchill : « Ne craignez pas les conséquences de n'importe quelle action, mais craignez l'inaction. »
Par-delà toute frénésie et addiction au travail, pour s'exprimer et s'assumer encore davantage (car il se considère complexe et à couches superposées ! ), oubliant écriture (il écrit en langue anglaise ! ), goût pour la musique (cela va de Lady Gaga à Gloria Gaynor en passant par Pink et Nina Simone) et lecture (il relit Dostoïevski), voilà qu'il se lance, à bride abattue, dans une expression picturale « déconstructiviste », outrancièrement moderne, presque expressionniste. En toute jubilatoire et caustique inspiration qui fait feu de tout bois. Une peinture surchargée, détonante, aux excès perceptibles, aux influences multiples.

Pop et street arts
Une peinture comme une bouche béante et gourmande qui allie aussi bien le « pop art » que le « street art » en passant par des clins d'œil aux BD, aux cubistes, aux symbolistes, aux surréalistes.
Tout est dit, dessiné et peint dans un mélange criard, vorace et foisonnant (encre, mixed media, gouache, fusain) dans un dégradé et camaïeu de gris. Comme un rituel de la solitude, du désarroi, de la mort, de la révolte, de la névrose, de la célérité du quotidien contemporain, des élans spirituels, de frissons esthétiques, de l'incommunicabilité, du consumérisme, des dérives du sexe, de l'absurde, de la vanité, de l'anticonformisme, du non-conservatisme.
Un impudent et cérémonial film en noir et blanc, grave et ludique, sombre et crépusculaire, tourmenté et grinçant. Un regard impitoyable et féroce sur soi et sur les autres, pour un goulu, insatiable et impudent appétit de vivre. À travers un chaos d'images, de hachures, de lignes et de tracés, surgissent l'enfer et le paradis des villes et des remous intérieurs, pour une quête de la transparence et de la sérénité.
À trente-sept ans, le corps portant encore les vestiges d'un certain body building, le geste nerveux (entre pianoter sur un clavier d'ordinateur, répondre à un appel de mobile et griller une clope vite éteinte), les bras tatoués (lettres chinoises magnifiant le courage, la discipline et l'optimisme), le regard grand et ouvert comme celui d'un gosse dont les curiosités de la vie n'ont pas encore fini d'étonner, Sari el-Khazen plonge tête baissée dans la peinture, qu'il définit volontiers comme « une sorte d'autopsychanalyse »...
Qu'ambitionne ce fiévreux stakhanoviste du labeur et de la création ? Et cet idéaliste loin d'être un rêveur de déclarer : « Je ne peux supporter les préconceptions et je suis en dehors de toute routine intellectuelle. Le succès, c'est de surmonter les échecs. Je n'ambitionne rien, je m'en fous... »
Spleen, stridence, angoisse, rêves et cauchemars modernes habitent ces espaces fantasmagoriques. Le signataire de ces représentations allégoriques et symbolistes est l'architecte et designer urbain Sari el-Khazen.Même ses habits sont dans les tons de gris. Tee-shirt et jeans moulants gris avec des cheveux noirs de geai (et d'imperceptibles filaments de blanc ! ) sur une barbe sel et poivre de quelques jours pour cet enfant du siècle, mordu de bougeotte et infatigable agitateur de conscience, qui a bourlingué pour ses études entre Los Angeles et New York. Il est enseignant à l'université, présentateur d'un show télévisé local, architecte de plusieurs établissements en ville (Sky Bar, Le Cactus) et à l'étranger (un polo club transformé en restaurant à Accra au Ghana sur le golfe de Guinée), des villas au Lagos au...
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