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L'armée syrienne reprend durement en main Homs et 3 villes du Sud

Vingt-quatre heures après être entrées dans Banias sur la côte méditerranéenne, les forces syriennes ont mené dimanche des opérations de reprise en main dans plusieurs quartiers de Homs, dans le centre du pays, ainsi que dans trois villes du sud, ont rapporté des habitants.

Une centaine des manifestants ont brandi des slogans contre le régime syrien devant l'ambassade syrienne à Londres. /

Lors de cette première incursion dans des quartiers d'habitation de Homs, troisième ville du pays avec un million d'habitants, des tirs de mitrailleuses et des pilonnages se sont fait entendre, ont déclaré ces témoins à Reuters.
Un civil au moins, un enfant de 12 ans, a été tué lors de l'intervention des forces syriennes, épaulées par des chars, dans les quartiers de Bab Sebaa, Bab Amro et Tal al Sour, à Homs dans la nuit de samedi à dimanche, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme.
"Ces quartiers sont totalement assiégés depuis hier. Il y a blackout complet sur le nombre de tués et de blessés. Les télécommunications et l'électricité sont régulièrement coupées avec ces quartiers", a dit l'observatoire dans un communiqué.
"On signale d'autres tués mais cela ne peut pas être confirmé. Je ne peux pas sortir de chez moi. Les forces de sécurité sont partout présentes", a dit pour sa part un défenseur des droits de l'homme à Homs, par téléphone.
Le mouvement de contestation du régime du président Bachar el-Assad, parti le 18 mars de Deraa dans le Sud, s'est propagé vendredi à l'ensemble de la région de Hauran, zone agricole du Sud limitrophe de la Jordanie au sud et des hauteurs du Golfe à l'ouest.
Des chars sont entrés dans les petites villes de Tafas, Dael et Ibtaa dimanche, trois villes qui représentent, ensemble, 80 000 habitants.
Un homme a été tué par les forces de sécurité qui ont fait irruption à son domicile à Tafas, ville dans laquelle des dizaines de personnes ont été arrêtées, a rapporté un défenseur des droits de l'homme.
"Ils ont recours à la méthode israélienne. Ils arrivent avec des listes de centaines de personnes recherchées et assiègent des villes entières", a-t-il expliqué.
Les contestataires exigent une libéralisation du régime, la fin de la corruption et le départ du président Bachar el-Assad. Ce dernier affirme que les manifestants sont les agents d'une conspiration ourdie de l'étranger pour provoquer des troubles en Syrie.
Les autorités accusent des "groupes terroristes armés" d'être responsables des violences en cours depuis près de deux mois. Selon une organisation de défense des droits de l'homme syrienne, les forces de sécurité ont tué au moins 800 civils en sept semaines de soulèvement.
L'armée a accru sa présence dans la région de Hauran, après s'être retirée cette semaine de Deraa et redéployée dans les localités des environs, ont rapporté des témoins.
"Nous savions qu'ils ne nous pardonneraient pas notre solidarité avec Deraa. Ils ont pris pour cible Tafas parce que nombre de jeunes ayant échappé à l'attaque de Deraa y avaient trouvé refuge", a expliqué un habitant de Tafas.
Vendredi, des dizaines de milliers de villageois de la région de Hauran avaient convergé en direction de Tafas et scandé des slogans en faveur d'un renversement d'Assad.
Empêchés d'entrer dans Deraa, toujours encerclée par des chars, ils avaient alors organisé l'une des plus grandes manifestations jamais vues à Hauran, malgré une forte présence militaire dans cette plaine, ont indiqué des témoins.
À Banias sur la côte méditerranéenne, où selon des défenseurs des droits de l'homme les forces syriennes ont abattu six civils samedi dans des quartiers sunnites, la vague d'arrestations entamée la veille s'est poursuivie dimanche.
Parmi les personnes arrêtées figure même un enfant de dix ans, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'homme.
Un diplomate occidental a parlé de 7 000 arrestations en Syrie depuis la mi-mars.
Lors de cette première incursion dans des quartiers d'habitation de Homs, troisième ville du pays avec un million d'habitants, des tirs de mitrailleuses et des pilonnages se sont fait entendre, ont déclaré ces témoins à Reuters.Un civil au moins, un enfant de 12 ans, a été tué lors de l'intervention des forces syriennes, épaulées par des chars, dans les quartiers de Bab Sebaa, Bab Amro...