La proximité de la cache du chef d'Al-Qaïda -où il a été tué dans la nuit de dimanche à lundi par l'armée américaine-, avec une académie militaire pakistanaise témoigne d'un "échec des services de renseignement du monde entier, pas seulement du Pakistan", a-t-il affirmé à des journalistes.
Interrogé sur la raison pour laquelle Oussama Ben Laden avait pu se cacher dans cette villa située non loin d'Islamabad, le chef du gouvernement pakistanais a insisté en évoquant "l'échec des services de renseignement du reste du monde, y compris des Etats-Unis".
Le rôle du Pakistan dans la lutte contre le terrorisme et la traque de Ben Laden a été mis en cause par la France peu avant la visite de Yousuf Raza Gilani. Washington a aussi expliqué ne pas avoir averti Islamabad avant son opération commando, par crainte que le chef d'Al-Qaïda ne soit prévenu.
Le Premier ministre pakistanais, qui a rencontré mardi soir le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, et devait s'entretenir mercredi avec le président Nicolas Sarkozy, a demandé aux dirigeants occidentaux de ne pas "diffuser des messages négatifs sur le Pakistan". "Ils devraient plutôt envoyer des messages positifs au Pakistan", a-t-il plaidé.
"Nous sommes au milieu d'une guerre, nous combattons une guerre contre le terrorisme et nous avons la volonté de lutter contre l'extrémisme et le terrorisme", a-t-il assuré pour écarter les accusations de double-jeu.
A l'issue d'une rencontre avec des chefs d'entreprise au siège du Medef, l'organisation patronale française, il a souligné que le Pakistan avait déjà "payé un lourd tribut" et "sacrifié 30.000 personnes" dans sa lutte contre le terrorisme, son problème "numéro un", soit davantage que "toutes les forces de l'Otan réunies".
"La sécurité et la lutte contre l'extrémisme ou le terrorisme ne sont pas la tâche d'une seule nation", a-t-il affirmé.
"Nous avons besoin d'une stratégie très globale pour combattre le terrorisme. Nous avons besoin du soutien du monde entier", a-t-il ajouté. Il a souligné que le "terrorisme" affectait "la région tout entière et le monde".
Yousuf Raza Gilani a expliqué que son pays luttait contre ce phénomène "pas seulement pour le Pakistan, mais pour la paix, la prospérité et le progrès du monde entier".
"Le Pakistan est une partie de la solution, pas une partie du problème", a-t-il martelé.
S'adressant aux patrons français, il leur a demandé de ne pas résumer son pays au seul problème du "terrorisme".
"Si vous ne regardez le Pakistan qu'à travers le prisme du terrorisme (...) alors vous ne verrez jamais le vrai Pakistan. Le Pakistan, c'est bien davantage que cela", a-t-il plaidé, appelant les entreprises françaises à investir dans son pays, "sans aucun doute confronté à de nombreux défis et difficultés" mais qui avance "lentement mais sûrement" vers la "stabilité".

