Dans un communiqué, l'organisation basée à New York appelle le ministère de l'Intérieur à relâcher "immédiatement" Fadel Makki al-Manasif, un défenseur des droits de l'Homme arrêté le 1er mai pour avoir pris part à une manifestation pacifique dans la région d'Al-Qatif (est).
Elle souligne que son arrestation est intervenue deux jours après l'amendement de la loi sur les publications dans le royaume, dans un sens plus restrictif.
"Les dernières arrestations d'opposants pacifiques gèlent le climat de réformes" dans le royaume, a estimé Christoph Wilcke, un responsable de HRW, ajoutant que "la famille royale saoudienne n'a pas donné d'indication qu'elle pourrait alléger les restrictions sur le droit d'expression".
Des militants et sites internet chiites ont fait état jeudi de l'arrestation d'entre 20 et 30 chiites, dont deux blogueurs, accusés d'avoir pris part à des manifestations dans la province orientale, ce qui porte à quelque 140 le nombre de chiites détenus depuis le début des protestations en mars.
"Cette campagne d'arrestations et le renforcement des restrictions sur les médias ramènent le royaume à une époque où toute contestation se soldait par une interpellation", a ajouté M. Wilcke.
Les arrestations ont été menées principalement à Al-Qatif et dans les villes avoisinantes, où des manifestations ont eu lieu récemment pour réclamer la libération de prisonniers et en signe de solidarité avec les chiites de Bahreïn.
La majorité des quelque deux millions de chiites saoudiens vivent dans la province orientale, voisine de Bahreïn où les autorités ont réprimé et mis fin à la mi-mars à un mouvement de contestation conduit par la majorité chiite.

