L’Allemande Julia Görges vient de créer la sensation en remportant ce qui est sans doute le match le plus important de sa toute jeune carrière, la finale du master de Stuttgart face à la numéro 1 au classement WTA, la Danoise Caroline Wozniacki. Alex Domanski/Reuters
Comme l'illustre assez bien une photo envoyée par Petkovic au début du tournoi de Stuttgart, l'ambiance est bonne outre-Rhin. Andrea n'est pas la dernière pour mettre de l'animation hors et sur le court. Cette demoiselle brillante, qui invente des danses (Petkodance) et s'intéresse de près à la politique, a fait un très bon début de saison. On savait qu'elle progressait à grands pas en 2010. Là, elle a enchaîné : finale à Brisbane, quart de finale à Melbourne et demi-finale à Miami, où elle avait battu... Caroline Wozniacki. À Stuttgart, elle a échoué devant la Danoise en quart de finale après une victoire de prestige sur Jelena Jankovic.
Görges, Petkovic, Kerber, Lisicki, génération 87/88/89
C'est donc une autre Allemande, moins connue, mais qui suit aussi une trajectoire ascendante : Julia Görges. Elle avait taquiné Sharapova à Melbourne, mais c'est sur terre, à Charleston puis à Stuttgart, qu'elle a donné la pleine mesure de son tennis. Après avoir bénéficié de l'abandon d'Azarenka (6-4, ab.), elle a réussi le match de sa carrière contre Wozniacki en finale. La voilà 27e mondiale, soit le meilleur classement de sa carrière. Professionnelle depuis 2005, Julia est une joueuse moderne, droitière avec un revers à deux mains et un jeu en cadence. Ce qui est plus étonnant, c'est qu'elle se révèle sur terre, elle qui a toujours eu une préférence pour les courts en dur ou le gazon. Finaliste en 2010 au Luxembourg, elle compte désormais deux titres à son palmarès, Stuttgart venant après Bad Gastein, un autre tournoi sur terre.
Avec une belle marge de progression, Görges (22 ans) et Petkovic (23 ans) peuvent rêver de s'épanouir sur le circuit et s'approcher du top 10 sans complexe. Sur la photo envoyée par Petkovic, on retrouve Sabine Lisicki (21 ans, à droite) qui faisait également bonne impression en 2009 et 2010 avant de se blesser. Elle a été ravie de prendre des points à Stuttgart en simple (elle remonte à la 132e place) comme en double (premier classement à la 153e place). Si on attendait Tatjana Malek à un autre niveau, le tennis allemand peut se réjouir de voir des joueuses comme Angélique Kerber (22 ans, 63e mondiale) surfer sur cette vague positive.
N'attendez pas tout de suite une nouvelle Steffi Graf, mais profitez de la bonne humeur de ces demoiselles qui dansent, se jettent sur le court à plat ventre quand elles gagnent. Leur classement est, en moyenne, moins élevé que celui des Françaises, mais elles vivent aujourd'hui plus légèrement leur carrière. Une attitude rafraîchissante en attendant la pression des tournois du grand chelem.

