"Nous déplorons l'usage de la violence, nous sommes très inquiets au sujet des informations parvenues de Syrie", a déclaré aux journalistes le porte-parole du président Barack Obama, Jay Carney.
"Nous surveillons de très près" la situation en Syrie, a ajouté M. Carney à bord de l'avion présidentiel Air Force One qui transportait M. Obama vers Washington vendredi après une tournée en milieu de semaine sur la côte Ouest des Etats-Unis.
"Nous appelons le gouvernement syrien à cesser d'avoir recours à la violence, nous appelons toutes les parties à cesser d'avoir recours à la violence", a encore dit M. Carney.
Le porte-parole a par ailleurs appelé "le gouvernement syrien à donner suite à ses promesses et à prendre des mesures pour parvenir aux réformes concrètes qu'il a promises".
La journée de vendredi a été l'une des plus sanglantes en Syrie depuis le début du mouvement de contestation. Selon des témoins et militants, les victimes ont été atteintes lors de la dispersion par les forces de l'ordre d'imposantes manifestations contre le régime du président Bachar al-Assad.
Des dizaines de personnes ont aussi été blessées lors de ces défilés qui ont rassemblé des dizaines de milliers de personnes dans tout le pays, malgré l'annonce par le régime de la levée de l'état d'urgence.
L'opposition juge insuffisantes les mesures annoncées par M. Assad qui a aussi approuvé jeudi l'abolition des tribunaux d'exception. L'organisation de défense des droits de l'homme Amnesty International avait estimé que cette journée serait "un test de la sincérité du gouvernement concernant l'application des réformes".
Selon la version officielle syrienne, les forces de l'ordre sont intervenues avec des gaz lacrymogènes et des canons à eau seulement pour empêcher des heurts "entre certains manifestants et citoyens" et "pour protéger des biens privés". "Il y a eu des blessés", a indiqué l'agence officielle Sana.
La levée de l'état d'urgence, qui limitait de façon drastique les libertés en Syrie depuis 1963, était l'une des principales revendications des opposants au début de la contestation. Mais ils réclament désormais aussi des réformes démocratiques, la libération des détenus politiques et la fin de la mainmise des services de sécurité sur la société.
Au moins 228 personnes ont été tuées depuis le 15 mars en Syrie, avait indiqué Amnesty International avant la journée de vendredi.

