Le sit-in qui avait débuté lundi soir à Homs appelait au départ de M. Assad, avant d'être dispersé "par la force", a indiqué une militante des droits de l'Homme à Damas sous couvert de l'anonymat, qui a évoqué "des tirs nourris"./Photo
Le régime de M. Assad, arrivé au pouvoir en 2000 après la mort de son père Hafez, a affirmé qu'il n'accepterait aucune nouvelle manifestation, "sous n'importe quel slogan".
"Les lois (...) seront appliquées dans l'intérêt de la sécurité des citoyens et de la stabilité du pays", a averti dans un communiqué le ministère de l'Intérieur, en allusion à la loi d'urgence, en vigueur depuis cinq décennies, et qui permet, entre autres, l'arrestation de "suspects ou de personnes menaçant la sécurité".
Le 16 avril, le président syrien avait pourtant promis que cette loi, dont l'abrogation est l'une des principales revendications des contestataires, serait abolie dans "une semaine maximum".
Plus d'un mois après le début du mouvement de contestation, dans la foulée des révoltes arabes, les manifestations se sont étendues à de nombreuses villes du pays et radicalisées en passant d'appels aux réformes à des appels à la chute du régime.
Le sit-in qui avait débuté lundi soir à Homs appelait au départ de M. Assad, avant d'être dispersé "par la force", a indiqué une militante des droits de l'Homme à Damas sous couvert de l'anonymat, qui a évoqué "des tirs nourris".
"Sit-in jusqu'à la chute du régime", "liberté", scandaient les manifestants, selon des vidéos diffusées sur YouTube.
Sur une pancarte brandie par les manifestants, on pouvait lire "alaouite, sunnite, chrétien, kurde = unis", les militants refusant que leur mouvement prenne un caractère confessionnel.
Le pouvoir politique en Syrie est détenu par la minorité alaouite -une branche de l'islam chiite- et le parti Baas depuis 1963. Les sunnites forment la majorité de la population.
"Plus de 20 000 personnes participent au sit-in sur la place al-Saa (Horloge) que nous avons rebaptisée place Al-Tahrir d'après celle du Caire", avait déclaré Najati Tayyara, militant des droits de l'homme. Les manifestants avaient érigé des tentes sur la place et apporté de la nourriture, selon lui.
La place Tahrir au Caire a été l'épicentre du mouvement de contestation en Égypte qui a conduit au départ du président Hosni Moubarak le 11 février.
Les autorités ont affirmé pour leur part que cinq officiers de l'armée et trois enfants avaient été tués ces dernières 24 heures par des "groupes criminels armés" dans la région de Homs. C'est dans cette zone où 11 manifestants anti-régime avaient péri dimanche, selon des militants des droits de l'Homme.
Peu après le début du sit-in à Homs, le ministère de l'Intérieur a promis de mater une "rébellion armée de groupes salafistes" (sunnites radicaux). Depuis le début du mouvement le 15 mars, le régime accuse des gangs "armés" ou "criminels" de tirer sur les manifestants et les forces de l'ordre.
Mardi, la presse officielle accusait en outre Washington d'être "derrière" les manifestations. "A tous ceux qui parient (sur la chute du régime), nous leur disons: "ne pariez pas car vous serez perdants"", indique le quotidien gouvernemental As-Saoura.
Au moins 200 personnes ont été tuées dans le pays depuis le début du mouvement, selon Amnesty International. Des centaines d'autres ont été arrêtées selon des ONG.
L'ampleur de ce mouvement est sans précédent depuis l'arrivée au pouvoir du parti Baas, toute velléité d'opposition ayant été sévèrement réprimée sous Hafez el-Assad.

