Citant des télégrammes diplomatiques diffusés par Wikileaks, le journal indique que la chaîne Barada TV, installée à Londres, a commencé à émettre en avril 2009 mais s'est étoffée pour couvrir la vague de protestations en Syrie.
La Syrie est en proie depuis le 15 mars à une contestation inédite du régime du président Bachar el-Assad.
L'opposition avait appelé à manifester dimanche à l'occation du 65e anniversaire de l'indépendance du pays. Au moins quatre personnes ont été tuées dimanche par les forces de sécurité à Talbisseh, près de Homs (centre), au lendemain de la promesse du président syrien Bachar el-Assad d'abroger d'ici à une semaine la loi d'urgence, emblématique du régime.
Selon le Washington Post, la chaîne Barada TV est proche du Mouvement pour la justice et le développement, un réseau d'opposants syriens exilés.
Le Département d'Etat américain a financé ce mouvement à hauteur de 6 millions de dollars depuis 2006.
L'administration américaine a commencé à financer des figures de l'opposition sous la présidence de George W. Bush quand ce dernier a rompu ses relations avec Damas en 2005. Les financements ont perduré avec le président Barack Obama, selon le Washington Post qui ne précise pas si ce financement est actif ces dernières semaines.
Des diplomates américains cités dans les télégrammes proposent d'infléchir cette politique de financement de l'opposition. "Une refonte des programmes actuels de financement américain de factions, à l'intérieur comme à l'extérieur de la Syrie, pourrait être productive", écrit un diplomate dans un télégramme.

