"Nous sommes extrêmement conscients des difficultés que rencontre l'Italie et nous voulons, avec les autres pays européens, faire preuve de solidarité avec l'Italie", a déclaré à la presse M. Fillon, à l'issue d'une rencontre avec le président de la Commission européenne José Manuel Barroso.
Mais "il faut d'abord que les règles s'appliquent", a-t-il prévenu.
"Il n'y a aucune règle qui prévoit l'accueil sur le territoire européen et la libre circulation des immigrants économiques clandestins", a-t-il rappelé.
"Une grande partie des ressortissants tunisiens qui sont arrivés en Italie n'ont pas vocation, comme certains le proposent, à être répartis dans les différents pays européens. Ils ont vocation à retourner dans leur pays", a-t-il affirmé.
M. Fillon a rappelé que son pays faisait déjà un effort beaucoup plus important que l'Italie en matière d'octroi du droit d'asile.
"Je veux simplement faire remarquer que la France est le deuxième pays au monde en matière d'asile derrière les Etats-Unis, c'est plus de 50.000 personnes qui chaque année demandent asile en France, et 10.000 en Italie", a-t-il dit. "Il faut que chacun ait ces chiffres présents à l'esprit".
Le chef du gouvernement a rappelé que la France était disposée à mettre en place "des moyens plus efficaces" pour effectuer des patrouilles en Méditerranée afin de bloquer les embarcations de clandestins arrivant de Tunisie.
Il a aussi critiqué le système actuel qui voit l'Agence européenne de surveillance des frontières Frontex acheminer les Tunisiens interceptés en mer sur l'île italienne de Lampedusa.
"Il serait plus intelligent de les ramener directement en Tunisie", a-t-il plaidé, en soulignant aussi à nouveau que Paris souhaitait conditionner l'aide européenne pour la Tunisie "à une bonne coopération avec le gouvernement tunisien sur le retour de ces immigrés clandestins" chez eux.

