Le procureur général a annoncé mercredi qu'il envisageait de poursuivre M. Lieberman, dirigeant du parti nationaliste Israël Beiteinou, pivot de la coalition pour "blanchiment d'argent, subornation de témoins, abus de confiance et fraudes", des chefs d'inculpation passibles de plus de dix ans de prison.
L'avocat de M. Lieberman, Me Yaron Kosteliz, a indiqué à la radio publique que son client était innocent et n'avait "aucune intention de démissionner" à ce stade de la procédure.
Le procureur a accordé un délai à M. Lieberman en lui permettant de présenter ses arguments lors d'une audition. Me Kosteliz a d'ores et déjà indiqué jeudi à la radio publique qu'il allait demander un délai de six mois pour étudier les pièces du dossier.
A la suite de cette audition, le procureur devra prendre en compte les arguments présentés et prendre une décision finale ce qui pourrait selon les médias prendre plusieurs mois supplémentaires.
"Nous allons continuer sur la voie que nous avons empruntée au sein du gouvernement comme s'il n'y avait pas eu de décision" du procureur général a pour sa part souligné le ministre des Infrastructures Uzi Landau, membre d'Israël Beiteinou.
La radio publique a également estimé qu'à "court terme la coalition n'est pas menacée". M. Lieberman sur le ton de la boutade a lui même proclamé aux journalistes "c'est le paradis, tout va bien".
"Nous ne devons pas nous amuser avec l'idée que le gouvernement peut être renversé et remplacer par une autre majorité. Cette coalition est stable et responsable", a affirmé mercredi soir M. Lieberman devant des membres de son parti.
Sans les 15 députés d'Israël Beiteinou. M. Netanyahu ne disposerait plus d'une majorité.
Le chef de la majorité parlementaire Zeev Elkin, député du Likoud, le parti de M. Netanyahu a pour sa part affirmé à la radio publique que tous ceux "espèrent voir la chute du gouvernement vont devoir prendre leur mal en patience".
Arnon Abramovitch, commentateur politique de la deuxième chaîne de télévision privée s'est montré toutefois plus prudent.
"Benjamin Netanyahu n'a cessé d'affirmer que Lieberman est son allié naturel, le problème c'est la nature de cet allié qui est imprévisible. Netanyahu est en fait otage de Lieberman", a-t-il ajouté.

