Son travail est une seconde respiration. Probablement plus importante que la respiration organique. De l'oxygène pur, non pollué, qu'il s'insuffle à pleins poumons lorsqu'il est à l'œuvre. Hussein Madi peint, sculpte et dessine comme si son corps exultait. Tous les pores de sa peau sont dilatés, les sens aussi. L'artiste s'ouvre au monde et devient un réceptacle des émotions. Son modèle préféré est certes la femme, mais aussi le taureau, le cheval, symboles de puissance, de dignité et d'élégance. On retrouve parfois certaines images masculines qui parcourent son travail, mais c'est essentiellement à la femme qu'il adresse son ode la plus constante, la plus singulière. «Peu importe le médium employé, avoue-t-il, il suffit qu'on me donne un crayon, un papier, un fusain, des crayons pastel, des pots de peinture ou encore un burin pour m'exprimer.» À peine caresse-t-il du regard les courbes féminines que ses mains se baladent mécaniquement sur la toile ou sur le métal et le bois.
Se démultiplier...
Cette récente série de pastels semblerait pour certains ludique. C'est ignorer le fait que l'art fait partie des activités quotidiennes de la vie de l'artiste, comme boire ou manger. Si Madi avoue installer une certaine distance par rapport à son travail, s'il fait souvent de l'autodérision en ne se prenant pas au sérieux, cela ne signifie pas pour autant qu'il considère l'art comme une chose frivole. Au contraire, le modèle féminin est également et particulièrement sacré pour lui. «Je ne peins pas pour m'exposer, mais pour partager un plaisir avec les autres», avoue-t-il. Une sorte de don aux autres. Cette sincérité dans l'acte artistique, cette authenticité dans le geste se traduisent par cette écoute continue de ce qui l'entoure. Hussein Madi est un artiste de son temps, engagé totalement dans la vie, à l'affût de toutes ses fluctuations.
La femme en serait donc le parfait baromètre. De dos, debout, les cuisses arrondies, galbées et bien fermes plantées au sol; alanguie, lascive, offrant généreusement ses atouts féminins; amazone contemporaine, faisant corps avec sa monture, pensive, courageuse ; à la fois mère et enfant, sainte ou Messaline, énergique et dolente, autant d'images féminines démultipliées mais néanmoins uniques. Pour Madi, le sacré et le profane s'épousent et s'harmonisent en se complétant.
En lignes courbes ou brisées, le dessin de Hussein Madi n'est pas une géométrie dans l'espace, mais bien issu de la terre. Coloré et regorgeant de lumière, le trait, quoique épuré et évasif, s'approprie les formes humaines jusqu'à devenir charnel... Presque palpable.
* Jusqu'au 29 avril. Galerie Aïda Cherfan, place de l'Étoile. Ouverte du lundi au samedi de 10h00 à 19h30. Tél. : 01/983111.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Son travail est une seconde respiration. Probablement plus importante que la respiration organique. De l'oxygène pur, non pollué, qu'il s'insuffle à pleins poumons lorsqu'il est à l'œuvre. Hussein Madi peint, sculpte et dessine comme si son corps exultait. Tous les pores de sa peau sont dilatés, les sens aussi. L'artiste s'ouvre au monde et devient un réceptacle des émotions. Son modèle préféré est certes la femme, mais aussi le taureau, le cheval, symboles de puissance, de dignité et d'élégance. On retrouve parfois certaines images masculines qui parcourent son travail, mais c'est essentiellement à la femme qu'il adresse son ode la plus constante, la plus singulière. «Peu importe le médium employé, avoue-t-il, il suffit qu'on me donne un crayon, un papier, un fusain, des crayons pastel, des pots de peinture ou encore...