Quel est le réel niveau du Stade Brestois ? La question mérite d'être posée, tant le club finistérien cultive l'ambivalence. Côté pile, une formation époustouflante qui vole la vedette aux cadors du championnat, paroxysme atteint le 30 octobre dernier.
Ce soir-là, lors de la 11e journée contre Saint-Étienne (2-0), Brest s'empare du fauteuil de leader. Vingt et un points au compteur et une moyenne de 1,9 point par match, personne n'avait fait mieux. Mais, depuis, le promu a entamé sa lente dégringolade. C'est le côté face.
À la clé, une 13e place occupée à l'aube de la 30e journée, avec trois petits points d'avance sur le premier relégable, Monaco. Des chiffres ? Quatorze points engrangés en dix-huit rencontres, soit 0,77 point par match. Très loin, désormais, des carburations de Lille (2,39), Marseille (1,94) et Lyon (1,94).
Et, plus inquiétant, en deçà aussi des bilans des concurrents directs pour le maintien : Nice (1,18), Caen, Valenciennes et Nancy (1,27), mais aussi Monaco (0,9) et Lens (0,9).
En clair, depuis la 12e journée, les Bretons ont le plus mauvais tableau de marche du championnat, Arles-Avignon excepté ! Pire, le Stade Brestois reste sur quatre défaites consécutives.
« Il n'y a plus d'effet de surprise, constate le défenseur Ahmad Kantari. Quand les grosses écuries cherchaient à faire prendre la mayonnaise, nous, on surfait sur la dynamique de la montée. Les automatismes étaient là, avec un onze de départ qui avait peu changé. »
Infirmerie très fréquentée
Le problème serait donc uniquement externe au Stade Brestois ? Évidemment, non. Et l'attaquant Jonathan Ayité, arrivé de Nîmes cet hiver, note « un contrecoup physique. De l'extérieur, j'avais vu une équipe très bien organisée, avec une grosse débauche d'énergie ». Le revers de la médaille, en somme.
« On a eu des blessés et des joueurs en méforme, surenchérit Kantari. Tous ceux qui avaient tiré sur la corde l'ont payé. » Oscar Ewolo, Benoît Lesoimier, Kantari, Moïse Brou Apanga et, surtout, Nolan Roux, absent durant neuf matches en L1, ont fréquenté une infirmerie que vient de rejoindre Omar Daf (coude).
Conséquence directe ou non, le bloc défensif s'est effrité. Oubliés les 832 minutes d'invincibilité d'Elana en début de saison et les quatre petits buts encaissés en onze rencontres qui avaient fait de Brest la meilleure défense. Depuis, les Bretons ont cédé à trente reprises en dix-huit matches !
« C'est énorme », lâche Kantari. La raison ? « On n'arrive plus à rattraper l'erreur du partenaire comme avant, et le doute s'installe », confie l'international marocain. Une donnée perçue par l'entraîneur, Alex Dupont, qui multiplie les encouragements envers ses joueurs à l'entraînement.
« La pression doit rester positive. On doit prendre nos responsabilités, mais il ne faut pas jouer avec les pieds qui tremblent dans les godasses ! »
Le Stade Brestois n'est ni Marseille, ni Paris, ou Lyon. Ici, il est donc possible de relativiser le contexte. « Notre place n'était pas tout en haut, mais elle n'est pas non plus tout en bas ! La 13e place nous convient bien, analyse finalement Dupont. On est toujours dans les clous pour le maintien. »
Pour le sprint final, le club finistérien peut désormais compter sur toutes ses forces vives. « Et sur notre 12e homme », insiste l'attaquant Romain Poyet.
Les mauvais résultats n'ont pas éloigné les supporters du stade Francis-Le Blé, troisième taux de remplissage de Ligue 1 (85,55 %, 13 170 spectateurs de moyenne). Face à Rennes, samedi, la rencontre se jouera à guichets fermés.

