Cette prise de position intervient au lendemain d'une offre du Conseil de Coopération du Golfe (CCG), réuni à Ryad, de faciliter une médiation entre l'opposition yéménite et le président Saleh, cible d'un mouvement de contestation sans précédent.
"Nous acceptons l'invitation et nous annonçons que nous participerons, mais seulement pour discuter d'un transfert de pouvoir", a déclaré à l'AFP un porte-parole de l'opposition Mohammed Qahtan, joint au téléphone.
Dans la nuit de dimanche à lundi, les monarchies arabes du Golfe, lors d'une réunion extraordinaire à Ryad, avaient proposé leur médiation entre l'opposition et le pouvoir au Yémen.
Les ministres des Affaires étrangères des six pays du CCG avaient exprimé "leur vive inquiétude face à la détérioration de la situation sur le plan de la sécurité et l'état de division qui prévaut au Yémen".
"Les pays du CCG ont convenu de mener des contacts avec le gouvernement et l'opposition yéménite" pour proposer "des idées" qui permettraient de débloquer la situation, selon le communiqué.
Les pays du CCG - qui regroupe l'Arabie saoudite, Bahreïn, les Emirats arabes unis, Oman, le Qatar et le Koweït - sont extrêmement inquiets face à l'instabilité au Yémen, parent pauvre de la péninsule arabique.
Le président Saleh, un allié des Etats-Unis dans la lutte contre Al-Qaïda, affirme qu'il est prêt à céder le pouvoir mais dans le cadre d'un processus constitutionnel ordonné.
Abandonné par une partie de l'armée et des chefs tribaux et religieux, il a mis en garde contre le risque de chaos au Yémen s'il était contraint à partir.
Mardi, deux soldats dissidents ont été tués dans des heurts à Sanaa avec des membres de tribus proches du président Ali Abdallah Saleh, a-t-on appris de source militaire.
La tension est également restée vive mardi à Taëz, au sud de Sanaa, où des partisans du régime, barricadés au siège du gouverneur, ont tiré à balles réelles et au gaz lacrymogènes en direction de protestataires. Lundi 17 manifestants ont été tués dans des heurts avec les forces de sécurité dans cette ville.
Deux manifestants ont par ailleurs été tués lundi soir à Hodeida, sur la mer Rouge, selon des protestataires.
Le mouvement de contestation du régime au Yémen a débuté le 27 janvier.

