« Femme nue à la jambe gauche écartée ».
Les œuvres, à caractère parfois érotique, choisies parmi 7000 dessins et prêtées par le Musée Rodin à Paris, sont accompagnées de neuf sculptures de l'artiste représentant des mouvements de danse, un art qui le fascinait.
Les nus féminins de Rodin étaient considérés par son ami, le poète autrichien Rainer Maria Rilke, comme le «point extrême» de l'œuvre du sculpteur, qui a dessiné toute sa vie.
Leur mise en scène au Cateau-Cambrésis met en exergue sa passion pour le corps des femmes. L'exposition décrit la démarche de l'artiste, en y incorporant certains de ses écrits. Elle vise aussi à mettre ses créations en relation avec celles de Matisse exposées dans les collections permanentes.
Dans des esquisses rapides, comme «des éclairs de pensée», Rodin saisit le mouvement et le volume du modèle en quelques traits de crayon. Puis il choisit et conserve le trait «juste». Dans une autre étape, il passe son doigt sur le papier pour effacer légèrement les contours, donnant naissance à des silhouettes vaporeuses auxquelles il appose parfois rapidement des couleurs pour mettre en valeur la chevelure ou les poils pubiens.
Une petite salle, dénommée «cabinet secret» et séparée par des rideaux, abrite une section intitulée «Volupté». Ces dessins qui représentent des femmes nues, jambes écartées, dans l'esprit de L'origine du monde de Courbet, n'étaient pas destinés à être exposés.
Le sculpteur les conservait d'ailleurs dans des cartons étiquetés «musée secret» ou «collection privée». Ils constituaient, selon ses propres termes, «une recherche intime, des études exécutées pour mon seul usage».
L'artiste demandait à ses modèles, choisies pour la perfection de leur corps, mais aussi pour leur personnalité, d'être naturelles dans des poses animales et suggestives. Envahi par l'intensité émotionnelle, dans une totale intimité avec elles, il tentait de fixer ses sentiments. «L'art n'est en somme qu'une volupté sexuelle. Ce n'est qu'un dérivatif à la puissance d'aimer», écrivait-il.

