Demain à Toulouse, « l'un des meilleurs défenseurs du championnat », selon Michel Mézy, conseiller du président Louis Nicollin, sera suspendu pour la 8e fois en Ligue 1, la 10e toutes compétitions confondues.
« Emir nous a beaucoup apporté, a morflé après le match à Brest, en raison d'un déferlement médiatique. Néanmoins, on ne peut pas se satisfaire d'un comportement comme ça. Dix matches de suspension, c'est excessif. Il y a des choses que l'on ne peut pas tolérer, il y a un comportement professionnel à avoir, il y aura un rappel à l'ordre inévitable », alerte l'entraîneur René Girard.
Il y a 15 jours à la Mosson, devant Lens (1-4), Emir Spahic avait porté un coup de coude au visage du Tunisien Issam Jemaa.
L'arbitre, Sébastien Moreira, qui ne l'avait pas sanctionné en cours de jeu, a rédigé un rapport complémentaire à l'origine de la suspension, la commission de discipline pointant notamment « l'état de récidive » et « la gravité des faits. »
Trois mois plus tôt, le 11 décembre à Brest (0-0), Spahic avait déjà asséné un coup de coude à l'attaquant breton Nolan Roux et avait écopé d'une suspension de quatre matches.
La réputation d'un jeu rude et rugueux
La répétition des sanctions est-elle liée à la mauvaise réputation de Montpellier ? Avec 58 avertissements et 6 exclusions, l'équipe héraultaise porte le bonnet d'âne de la Ligue 1 en matière de fair-play.
En moins de deux saisons, l'entraîneur René Girard, au tempérament bouillant, a été exclu à quatre reprises.
« Je réclame un engagement à mon équipe, mais je le revendique dans le respect des lois du jeu. Pour tout ce qui sort du jeu, (...) je vais demander à mon président de sanctionner. Ces comportements sanctionnent le groupe et n'apportent vraiment rien. Les joueurs ont des droits, mais aussi des devoirs », prévient le coach.
Par son comportement, Spahic, 30 ans, ne chercherait-il pas à forcer la porte de sortie de Montpellier où il a renouvelé son contrat jusqu'en juin 2014 ?
Sollicité par Arsenal en août, apprécié à Lille, soumis à un veto lors du dernier mercato, le capitaine de la Bosnie-Herzégovine ne cache pas son envie de partir. « Je suis Montpelliérain jusqu'à la fin de saison. On verra mon avenir en fin de saison », déclarait-il à la mi-février.
Montpellier, de son côté, multiplie les contacts avec les défenseurs centraux pour anticiper son probable transfert. Les Brésiliens de Monaco, Adriano, et de Nancy, André Luiz, ont été sondés par le club du président Louis Nicollin, agacé par les frasques de Spahic.
Pour l'heure, Montpellier s'inquiète du poids de l'absence du patron de sa défense, à l'influence incontestable.
Avec lui, la défense est plus imperméable, l'équipe plus efficace. Sans lui, peut-elle bousculer l'OM en finale de la Coupe de la Ligue, accès le plus direct pour une qualification en Europa League ? « Quand on arrive au bout, c'est emmerdant de se retrouver comme ça », regrette René Girard.

