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Liban - La Situation

Le Hezbollah s’impatiente, Mikati se mure dans le silence

Meeting Nabih Berry, Walid Joumblatt et Ghazi Aridi : en perte de vitesse ? Photo Ali Fawaz


Par la voix de Hassan Nasrallah, samedi, et par celle de Mohammad Raad, hier, le Hezbollah s'est décidé, selon toute apparence, à faire entendre sa voix. Jugeant qu'il a trop attendu, il entame une campagne visant à accélérer la formation du gouvernement.
C'est en effet à Nagib Mikati que s'adressait hier, sous les mots les plus généraux, le chef du bloc parlementaire du Hezbollah. Toutefois, deux mois après sa nomination (25 janvier), ce dernier hésite toujours « à franchir le pas », comme l'y exhorte le parti islamiste.
Dans les milieux proches du Premier ministre désigné, tous les téléphones sont éteints. Selon les observateurs, l'obstacle principal à la formation du nouveau gouvernement n'a pas changé. C'est toujours l'exigence d'avoir 12 portefeuilles et ministères, dont celui de l'Intérieur, que manifeste Michel Aoun.
Les négociations, à ce sujet, en sont toujours au point mort, bien que les concertations se poursuivent, comme hier celle qui s'est tenue au bureau de Nabih Berry, avec Walid Joumblatt et Ghazi Aridi.
Par delà les nombres et la forme, ce qui oppose le Premier ministre désigné à la nouvelle majorité, c'est sa volonté de priver la minorité du droit de s'exprimer sur la politique générale du gouvernement, alors même que la logique de M. Mikati est une logique d'inclusion.
Les deux camps, en fait, s'opposent sur l'évaluation de l'ampleur du mouvement de contestation populaire du 13 mars, qui a mis en question la légitimité des armes du Hezbollah. Ils s'opposent aussi sur le tribunal international. Ils s'opposent enfin sur les armes elles-mêmes, non pas sur leur existence, ou leur rôle dissuasif, mais sur le commandement sous lequel elles sont placées.
Le Premier ministre désigné, d'accord avec le chef de l'État, estime en effet que ces questions doivent faire l'objet d'un consensus à la conférence de dialogue, et non être imposées à la pointe du fusil, assorties d'accusations de traîtrise lancées au camp qui n'est pas d'accord.
Au demeurant, le PSP, nouvel allié du Hezbollah, a timidement fait entendre un même son de cloche, hier, affirmant par la voix de Ghazi Aridi que l'armement du Hezbollah ne doit pas se retourner contre les Libanais. Malheureusement, le ministre des TP n'a rien dit de l'effet rétroactif que devrait avoir une telle prise de position, pour bénéficier d'un quelconque crédit auprès de l'opinion, à défaut d'en avoir auprès du principal concerné.
Des personnalités du 14 Mars et des indépendants continuent, de leur côté, de croire que ce qui bloque la formation du gouvernement, ce n'est pas le ministère de l'Intérieur, qui n'est qu'un simple paravent, mais l'absence d'un « feu vert » régional. Selon ces sources, le nouveau cabinet ne verra le jour que moyennant des pressions que Damas mettra sur la nouvelle majorité, pressions qui ne seront exercées qu'après avoir été négociées avec le partenaire saoudien.
Entre-temps, le 14 Mars ne se prive pas de railler l'incapacité de la nouvelle majorité à former le gouvernement et d'exhorter Nagib Mikati à se méfier de son aventurisme politique.
C'est ainsi que le vice-président du Renouveau démocratique, Misbah Ahdab, sans vraiment faire partie explicitement du 14 Mars, dont il épouse toutefois toutes les constantes, a demandé hier à M. Mikati de « refaire ses calculs et de refuser d'accepter le fait accompli ».
M. Ahdab, bien qu'il n'ait pas participé - pour des raisons incidentes - au meeting monstre organisé par Saad Hariri à Tripoli, a demandé au Premier ministre désigné de ne pas suivre aveuglément les prises de position du Hezbollah, dont le secrétaire général a balayé d'une phrase la présence de plusieurs centaines de milliers de manifestants, place des Martyrs, et s'obstine à ne pas reconnaître l'échec de ses efforts pour mordre sur la popularité du Courant du futur au Liban-Nord.
Pour sa part, Antoine Zahra a jugé que la nouvelle majorité « n'ose pas parachever son coup d'État, car elle sait que le temps des partis de fer et des régimes autocratiques qui méprisent l'opinion publique et répriment les libertés est désormais compté ».

Par la voix de Hassan Nasrallah, samedi, et par celle de Mohammad Raad, hier, le Hezbollah s'est décidé, selon toute apparence, à faire entendre sa voix. Jugeant qu'il a trop attendu, il entame une campagne visant à accélérer la formation du gouvernement.C'est en effet à Nagib Mikati que s'adressait hier, sous les mots les plus généraux, le chef du bloc parlementaire du Hezbollah. Toutefois, deux mois après sa nomination (25 janvier), ce dernier hésite toujours « à franchir le pas », comme l'y exhorte le parti islamiste.Dans les milieux proches du Premier ministre désigné, tous les téléphones sont éteints. Selon les observateurs, l'obstacle principal à la formation du nouveau gouvernement n'a pas changé. C'est toujours l'exigence d'avoir 12 portefeuilles et ministères, dont celui de l'Intérieur, que manifeste...
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