"L'entrée des troupes saoudiennes à Bahreïn ne fera que compliquer davantage la situation et transforme la crise intérieure bahreïnie en une crise régionale", a déclaré Hossein Amir Abdolahian, directeur pour le Golfe Persique et le Proche-Orient du ministère des Affaires étrangères, à l'ambassadeur saoudien.
L'Iran a également dénoncé "le soutien des Etats-Unis à l'intervention militaire" à Bahreïn, jugée "contraire aux règles et lois internationales". "La République islamique d'Iran proteste et affirme que les Etats-Unis sont responsables des conséquences dangereuses de cette action illégale", a déclaré le responsable du ministère qui a reçu l'ambassadrice de Suisse à Téhéran.
Enfin, le chargé d'affaires bahreïni a aussi été convoqué au ministère des Affaires étrangères, où un responsable lui a fait part de la "sérieuse inquiétude" de l'Iran et a demandé au gouvernement bahreïni de ne pas "recourir à la force et de répondre aux demandes de la population".
Par ailleurs, le ministre iranien des Affaires étrangères, Ali Akbar Salehi, a appelé le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, pour exprimer son inquiétude au sujet de la répression du "mouvement pacifique" à Bahreïn, et de la présence de forces étrangères dans le royaume.
Il a demandé à Ban Ki-moon de "poursuivre sérieusement ses efforts pour soutenir les demandes légitimes du peuple de Bahreïn", a rapporté la télévision d'Etat iranienne.
M. Salehi a également appelé ses homologue qatari et turc ainsi que le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa pour parler de la situation à Bahreïn, a rapporté l'agence Mehr.
"L'intervention des forces étrangères peut aboutir à une crise régionale, ce qui aura des conséquences graves", a-t-il affirmé.
Plus d'un millier de soldats saoudiens faisant partie de la force commune du Conseil de coopération du Golfe (CCG) sont arrivés à Bahreïn, en proie à des troubles depuis la mi-février.
Un manifestant et un policier ont été tués et 200 personnes blessées mardi dans le royaume où le roi a proclamé l'état d'urgence.
Depuis le début de la crise à la mi-février, l'Iran, dont la population est comme celle de Bahreïn à majorité chiite, a demandé au gouvernement bahreïni de répondre aux demandes des manifestants qui souhaitent notamment l'instauration d'une monarchie constitutionnelle.

