À Bahreïn, le roi Hamad Ben Issa Al-Khalifa a accru la pression sur les manifestants d'opposition, en proclamant mardi l'état d'urgence pour trois mois./
Selon des habitants, des combats sporadiques se poursuivent aussi à Brega, site pétrolier 80 km plus à l'ouest repris dimanche par les forces gouvernementales qui depuis une semaine enchaînent les victoires, après un mois d'insurrection.
Sur le front diplomatique, aucun compromis n'était en vue pour une zone d'exclusion aérienne ou des frappes ciblées, a indiqué Paris, où une réunion des chefs des diplomaties du G8 (États-Unis, Russie, Allemagne, Grande-Bretagne, France, Italie, Canada, Japon) n'a rien donné.
Dans une interview au quotidien italien Il Giornale, Mouammar Kadhafi a lui estimé que la rébellion était d'ores et déjà défaite.
À Bahreïn, le roi Hamad Ben Issa Al-Khalifa a accru la pression sur les manifestants d'opposition, en proclamant mardi l'état d'urgence pour trois mois. Il a demandé le rétablissement de l'ordre en faisant appel à l'armée, la police, la Garde nationale et à "toute autre force si (...) nécessaire".
Le roi semble faire référence au millier de soldats saoudiens et aux 500 policiers des Émirats arabes unis de la force commune du Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui sont entrés dans le petit royaume en ébullition depuis la mi-février.
Ces mesures font suite à une intensification de la mobilisation de manifestants qui bloquaient lundi les accès du centre de Manama, ville quasiment paralysée par une grève générale.
Mardi, ils étaient des milliers à marcher sur l'ambassade saoudienne, à la suite de l'intervention du CCG.
Les opposants réclament l'instauration d'une monarchie constitutionnelle et pour certains le départ de la dynastie sunnite gouvernant ce pays majoritairement chiite.
La communauté internationale est restée prudente sur la situation à Bahreïn, Hillary Clinton, selon un responsable américain, exprimant sa "profonde préoccupation", et le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, appelant à la "retenue".
Mme Clinton est attendue mardi en Égypte, où elle devrait s'exprimer notamment sur la contestation dans le monde arabe.
Téhéran a, pour sa part, fermement condamné l'intervention à Bahreïn, dénonçant une mesure qui "rendra la situation plus compliquée".
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a dans une interview à la télévision espagnole, indiqué espérer que les gouvernements occidentaux "n'interviendront pas dans les affaires" des pays arabes.
Au Yémen aussi, de nouvelles violences ont éclaté mardi, où déjà la veille 44 personnes avaient été blessées, la police ayant ouvert le feu sur des manifestants.
Un opposant a été tué dans un affrontement armé avec des partisans du président Ali Abdallah Saleh à Jouf (nord-est de Sanaa). La police y assiégeait aussi des manifestants retranchés dans le siège du gouverneur.
Des renforts militaires ont par ailleurs été envoyés dans la région de Marib pour sécuriser les environs d'un oléoduc saboté.
La position du président yéménite semble se fragiliser à mesure que les tribus, un pilier de son régime, se rallient à la contestation lancée fin février. Des centaines d'hommes de tribus participaient ainsi au sit-in d'opposition à Sanaa.
Enfin, des milliers de Palestiniens, s'inspirant des soulèvements populaires en Tunisie et en Égypte, ont appelé, via Facebook et Twitter, à manifester pour réclamer la "fin des divisions" interpalestiniennes.

