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L’affaire des lignes de haute tension à Mansourieh-Aïn Najem : deux logiques inconciliables

Câbles aériens vs câbles souterrains

Dès le début de la polémique sur le passage de la ligne 220 kilovolts dans leur région, les habitants de Aïn Najem ont proposé que ces câbles soient enterrés pour minimiser les dégâts, comme c'est le cas dans les grandes villes, telles que Beyrouth et Tripoli. L'homme qui a œuvré à imposer cette idée est un ingénieur, Akram Younès, lui-même habitant de la région. Ayant personnellement travaillé sur la construction de lignes de haute tension souterraines à Beyrouth et dans les environs, il soutient depuis longtemps qu'une infrastructure pareille est possible à Aïn Najem.
« Les arguments qu'on nous oppose sont le coût et le temps supplémentaire, souligne Akram Younès. Mon bureau d'études leur a proposé une étude selon laquelle les travaux coûteraient 13 millions de dollars au lieu des 25 millions énoncés dans une précédente proposition. De plus, les câbles sont fabriqués au Liban, la période des travaux ne dépassera donc pas les trois à six mois. Les câbles sont plus chers, mais l'expropriation se limite à dix mètres carrés pour la station au niveau de laquelle les câbles descendront sous terre. Il sera même possible de vendre le fer des pylônes pour combler une part du budget. »
Selon lui, les câbles, suivant les normes internationales, se trouveront à 1m40 sous terre, dans un caniveau en béton rempli de sable pour une protection contre le champ électromagnétique et d'éventuelles excavations. Les câbles eux-mêmes sont blindés pour plus de sécurité. « Aujourd'hui, on ne peut plus parler de villes et de villages, dit-il. Une région comme Mansourieh-Aïn Najem est extrêmement prisée comme une extension de la capitale. C'est une zone urbaine. »
De César Abou Khalil, conseiller du ministre de l'Énergie et des Ressources hydrauliques, nous apprenons que cette requête n'a pas été ignorée par le ministère, mais que celui-ci, selon lui, est arrivé à une impasse. « Nous avons tenté de tracer différents itinéraires pour les câbles enterrés, dit-il. Le meilleur affecterait neuf appartements qui sont à trois mètres des câbles, alors que les câbles aériens ne sont vraiment proches que d'un appartement, dont l'exposition reste en deçà du seuil toléré. »
Contrairement à Akram Younès, qui assure que les câbles souterrains sont tout à fait sûrs avec les nouvelles technologies, César Abou Khalil soutient que le champ magnétique provenant des câbles souterrains, s'il est moins étendu dans l'espace, est plus intense à l'endroit où il passe. Qu'en est-il de Beyrouth alors ? « Dans la capitale, les câbles passent principalement sous les routes, dit-il. Nous n'avons pu limiter leur passage aux routes à Mansourieh-Aïn Najem. »
Que dit-on ailleurs ? Dans un rapport sur les champs électromagnétiques et la santé, le sénateur français Daniel Raoul précise que la France a l'un des plus grands réseaux de lignes de haute tension souterraines, plus de 4 000 kilomètres, essentiellement dans les grandes villes. « La mise en souterrain d'une ligne annule le champ électrique par la simple configuration technique des câbles et le type de pose, constate-t-il. Il n'en est pas de même pour le champ magnétique qui persiste, même s'il est atténué et plus concentré dans l'espace. »
Dès le début de la polémique sur le passage de la ligne 220 kilovolts dans leur région, les habitants de Aïn Najem ont proposé que ces câbles soient enterrés pour minimiser les dégâts, comme c'est le cas dans les grandes villes, telles que Beyrouth et Tripoli. L'homme qui a œuvré à imposer cette idée est un ingénieur, Akram Younès, lui-même habitant de la région. Ayant personnellement travaillé sur la construction de lignes de haute tension souterraines à Beyrouth et dans les environs, il soutient depuis longtemps qu'une infrastructure pareille est possible à Aïn Najem. « Les arguments qu'on nous oppose sont le coût et le temps supplémentaire, souligne Akram Younès. Mon bureau d'études leur a proposé une étude selon laquelle les travaux coûteraient 13 millions de dollars au lieu des 25 millions énoncés...