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Liban - Société

L’association Adyan invite les Libanais à aller à contre-courant du fanatisme

C'est loin de la politique et de ses tiraillements, loin de la violence verbale qu'inspirent les divisions partisanes et confessionnelles, et surtout loin de la haine et des aversions dont témoigne le quotidien libanais que l'association Adyan a voulu placer son message hier : celui de la paix et de la coexistence entre les différentes couleurs du patchwork communautaire libanais, de l'espoir que peut et doit susciter le dialogue culturel religieux, de l'ouverture et de l'acceptation de l'autre.

Un chemin que tente d'éclairer cette ONG qui œuvre, depuis près de quatre ans, à dresser des ponts entre les confessions et communautés, « en vue d'une compréhension mutuelle, d'une réconciliation et d'une solidarité spirituelle ».
Lors d'une cérémonie officielle qui s'est tenue au palais de l'Unesco, le confessionnalisme a été dénoncé vigoureusement, à travers notamment le modèle offert par quatre personnalités de choix, qui ont su merveilleusement éclairer, à travers leurs parcours successifs, les messages d'ouverture, de convivialité et d'humanisme. Rendant hommage à l'imam Moussa Sadr, au père Makram Kozah, à l'évêque Salim Ghazal et à l'émir Abdel Kader Jaza'iri qui, à travers leur lutte au quotidien, ont porté le flambeau de la foi face au fanatisme aveugle et à la haine raciale, l'association a projeté un documentaire de quarante minutes retraçant des bribes de la vie, « à contre-courant » comme l'indique le titre du film, de ces quatre messagers de la paix et de l'amour.
L'émir Abdel Kader Jaza'iri, commandant musulman et enseignant soufiste à Damas, pour avoir protégé des milliers de chrétiens en les abritant dans sa propre demeure, lors des incidents confessionnels en 1860. L'évêque Salim Ghazal, qui avait décidé de rester au Liban-Sud dans les années 70 malgré le déplacement forcé des chrétiens, et œuvré durant de longues années à rétablir les liens entre les habitants de la région, en servant leurs causes. L'imam Moussa Sadr, à l'action sociale bien connue, pour son mouvement de protestation continue contre les violences confessionnelles durant la guerre civile. Et enfin, le prêtre Makram Kozah, récompensé ce soir-là du prix de la « Solidarité spirituelle », pour ses activités sociales et humanitaires depuis 1960 dans le quartier mixte et pauvre de Nabaa où il a œuvré à améliorer les conditions de vie des habitants, dans un élan de dépassement de soi et de solidarité communautaire exemplaire.
Réalisé par Michèle Tyan, le documentaire de quarante minutes, produit par Adyan dans le cadre d'une campagne intitulée « Le fanatisme vous aveugle, la foi vous enrichit », est un véritable témoignage de générosité humaine, d'amour pour le prochain et de respect pour la différence confessionnelle.
Prenant la parole, le directeur de l'association, le père Fadi Daou, a dénoncé « le souffle des talibans qui est en chacun de nous, qui s'infiltre dans nos sociétés, atteint nos esprits et déforme notre vision ».
« Dans notre milieu libanais, nous décelons actuellement les signes du repli sur soi et du refus de l'autre dont on cherche à déformer l'image, autant de signes précurseurs d'un fanatisme en expansion et de l'extrémisme qui progresse aux dépens de la foi », a-t-il dit.
« Avant de nous conduire à la cécité totale, le fanatisme commence par œuvrer à altérer l'image de l'autre que nous véhiculons au sein de nos sociétés cloisonnées, qu'elles soient confessionnelles, communautaires, politiques ou idéologiques », a-t-il ajouté, avant de mettre en garde contre le danger qui guette notre société.
Évoquant le récent mouvement lancé par de jeunes Libanais en vue de « faire chuter le régime confessionnel », le père Daou, qui a dit approuver l'esprit qui anime cette révolte, a indiqué qu'« il faut commencer par s'entendre sur la liste des personnes qui représentent ce régime confessionnel pour pouvoir les évincer et anéantir le régime. Mais croyez-vous que les Libanais sont capables de s'accorder sur cette liste ? Personnellement, je n'y crois pas, a-t-il dit, car cette liste finira par englober l'ensemble des Libanais ».
Prenant la parole, le ministre de l'Intérieur sortant, Ziyad Baroud, a stigmatisé à son tour le mal confessionnel qui ronge le pays, avant d'applaudir au documentaire diffusé qui, a-t-il dit, « constitue une partie de la mémoire du pays, une mémoire que nous voulons salvatrice pour l'avenir ». Dans un jeu de mots subtil emprunté à la sécurité routière, le ministre a conclu qu'exceptionnellement, il affirme être en faveur de tous ceux qui, à l'instar des quatre héros du documentaire, « vont à contre-courant ».
Un chemin que tente d'éclairer cette ONG qui œuvre, depuis près de quatre ans, à dresser des ponts entre les confessions et communautés, « en vue d'une compréhension mutuelle, d'une réconciliation et d'une solidarité spirituelle ».Lors d'une cérémonie officielle qui s'est tenue au palais de l'Unesco, le confessionnalisme a été dénoncé vigoureusement, à travers notamment le modèle offert par quatre personnalités de choix, qui ont su merveilleusement éclairer, à travers leurs parcours successifs, les messages d'ouverture, de convivialité et d'humanisme. Rendant hommage à l'imam Moussa Sadr, au père Makram Kozah, à l'évêque Salim Ghazal et à l'émir Abdel Kader Jaza'iri qui, à travers leur lutte au quotidien, ont porté le flambeau de la foi face au fanatisme aveugle et à la haine raciale, l'association a...
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