"Au cours de cet entretien, Jebril El-Waalfarvi a présenté sa perception de la situation actuelle et des possibles développements en Libye", indique Berne dans un communiqué, soulignant que "l’hôte libyen a également présenté les revendications, ainsi que le programme politique du CNT".
Le CNT, mis en place par les représentants de l'insurrection qui s'oppose depuis le 15 février aux forces de Mouammar Kadhafi, s'est réuni le 5 mars et s'est déclaré "le seul représentant de la Libye".
Le chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a refusé mercredi à Strasbourg de soutenir la demande du CNT d'être reconnu comme seule autorité légitime en Libye, démarche pourtant appuyée par le Parlement européen.
Pour sa part, Mme Calmy-Rey a exprimé "son inquiétude" concernant la situation à laquelle est confrontée la population libyenne, exposée "aux violences ciblées et abominables des dirigeants libyens".
Les relations entre Berne et Tripoli s'étaient crispées après l'arrestation musclée en juillet 2008 à Genève d'un des fils du leader libyen, Mouammar Kadhafi, qui avait par la suite retenu pendant près de deux ans deux Suisses en Libye.
Cette affaire avait provoqué une grave crise diplomatique entre les deux pays. Tripoli avait ainsi pris des sanctions économiques à l'encontre de la Confédération helvétique et annoncé le retrait de fonds dans les banques suisses.
Mais Berne et Tripoli avaient signé l'année dernière un plan d'action pour normaliser leurs relations à la suite de la libération d'un des deux Suisses retenus, qui prévoyait un "dédommagement" de 1,5 million de francs suisses.
Cet accord prévoyait également la constitution d'un "tribunal d'arbitrage" international pour enquêter sur les circonstances de l'arrestation d'Hannibal Kadhafi, mais depuis le soulèvement contre le régime libyen, Berne a suspendu ce tribunal et gelé les éventuels avoirs du colonel Kadhafi et de son entourage.

