"Ils (les Européens, ndlr) ne doivent pas leur accorder de visa d'entrée et doivent geler leurs avoirs... accumulés par la corruption", a expliqué aux médias Mme Ebadi, soulignant que les "actifs" de ces personnes "sont en Europe".
Elle s'exprimait lors d'une conférence de presse en marge du Conseil des droits de l'homme de l'ONU qui tient sa session annuelle.
Karim Lahidji, président de la Ligue iranienne des droits de l'homme et vice président de la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH), a indiqué que la FIDH avait établi , "avec le soutien de Mme Ebadi", une "liste de 80 personnes, responsables de (la) politique de répression en Iran".
Cette liste a été adressée "le mois dernier" à la chef de la diplomatie européenne "Catherine Ashton et à des représentants de l'UE" leur demandant que ces individus "soient interdit de voyager en Europe et que leurs biens soient confisqués", a-t-il précisé.
Dénonçant la répression en Iran, Mme Ebadi a comparé le mécontentement des Iraniens au "feu qui couve sous les centres". "Avec une légère brise, il peut devenir un grand feu" a-t-elle dit, jugeant toutefois "difficile" de savoir quand viendra le moment du changement.
Elle a toutefois souhaité que ce changement se fasse de façon "pacifique", contrairement à ce qui se passe en Libye. "Nous ne voulons pas l'Iran se transforme en une autre Libye", a-t-elle déclaré.
C'est pour cette raison qu'elle a réitéré son soutien à un projet de résolution visant à nommer un rapporteur spécial sur les violations des droits de l'Homme en Iran, texte qui pourrait être votée avant la fin de la session annuelle du Conseil qui se tiendra jusqu'au 25 mars.
Mme Ebadi vit en exil. Elle n'est pas retournée en Iran depuis qu'elle a quitté son pays à la veille des élections contestées du 12 juin 2009 qui ont reconduit le président iranien Mahmoud Ahmadinejad pour un deuxième mandat.

