Du rire bon pour le cerveau, c’est ce que propose Alex Vizorek.(Marwan Assaf)
Au menu donc, le jeune humoriste belge a inscrit: la musique, la poésie, la peinture, la sculpture, l'art contemporain, le cinéma, la philosophie... Autant de plats de consistance, «pour nourrir l'hypothalamus» (dont il brandit, en rappel, un exemplaire en plastique!), servis accompagnés de délires misogynes et paillards (que d'aucunes ont trouvé un peu trop crus) relevés de «trois» jeux de mots (qu'il s'est amusé à faire découvrir au public comme des rébus) et saupoudrés de formules
piquantes.
Tous cela vous concocte un one-man-show alternant habilement delicatessen et ragoûts, dans une formule audacieuse mais, néanmoins, délicieuse!
L'audace conjuguée à la finesse d'esprit, voilà la signature de cet artiste trentenaire bruxellois, doublement diplômé de la prestigieuse école d'ingénieurs Solvay de la capitale belge et en journalisme de l'Université libre de Bruxelles, qui n'a pu résister à l'appel des sirènes de la scène
humoristique.
Pince-sans-rire
Consacré Révélation au Festival du rire de Montreux de 2009, se produisant actuellement sur les planches du Théâtre de Dix heures à Paris, ce jeune one-man-show a néanmoins conservé de son autre vie, celle d'avant les planches, outre le costume tiré à quatre épingles (il se produit sur scène en chemise blanche, cravate sombre sur pantalon au pli impeccable), une vaste culture (ce qui n'est pas souvent le lot de ses confrères) qu'il va mettre à contribution dans ses spectacles. Prouvant, s'il en faut, que même les thèmes les plus sérieux peuvent être tournés en dérision, le regard drôle et distancié qu'il porte sur tout le gratin de la pensée intellectualo-artistique combine finesse d'un humour pince-sans-rire, décalage et réflexion. Et si, de Bach à Visconti (excellent sketch fustigeant la lenteur de Mort à Venise), en passant par Malraux, Patrick Süskind (dont il cite des passages en allemand), Magritte, Manzoni (et son Art Pauvre vendu à des millions de dollars), Rostropovitch, Marguerite Duras ou encore Bergson, Alex Vizorek ne manque pas de glisser, aussi, quelques allusions à des personnages plus dans l'air du temps, comme Johnny, Céline Dion, la malheureuse Lara Fabian ou encore Pamela Anderson - qu'il emmènerait avec lui sur une île déserte «par mesure de sécurité», dit-il -, c'est pour éviter de verser dans un excès de «masturbation intellectuelle», dit-il. C'est sans doute pour contrebalancer qu'Alex Vizorek s'attaque, alors, à l'autre, la «physique», telle que pratiquée par les hommes, dans une série de petits hymnes paillards à la Perret, interprétés à la guitare... façon Ferré. Toujours la référence culturelle en somme chez ce futur grand du rire...francophone.

