Rendre la culture et la créativité... (Marwan Assaf)
Puis c'était au tour de Dakroub de présenter la pièce et de donner le coup d'envoi à cette cinquième édition du Festival méditerranéen de théâtre jeune public et de marionnettes qui va se dérouler au Liban du mois de mars jusqu'au mois de novembre. En partenariat avec le Passepartout Theater Productions (Danemark), l'Association internationale du théâtre pour l'enfance et la jeunesse, la Mission culturelle française, ainsi que l'ambassade d'Espagne, cet événement, qui a reçu le soutien de The Arab Fund for Arts and Culture, a obtenu également l'appui des municipalités, de l'association Assabil et des bibliothèques publiques.
Enthousiasme
et constance
C'est en 1999 que le festival a été lancé à l'initiative de Karim Dakroub, fondateur et président du Théâtre libanais de marionnettes et de l'association Khayal pour les arts & l'éducation. Il s'est déroulé en 1999, 2001 et 2003 sous forme d'un événement d'une semaine. Mais, avec le retour de la stabilité dans le pays, le festival a émergé à nouveau sous la forme d'une tournée, afin de répondre au besoin de décentralisation des événements culturels.
La mission du festival, en adéquation avec celle de Khayal qui est de promouvoir les arts vers l'action sociale, l'éducation et le développement des jeunes, est de toucher d'autres villes et des zones défavorisées en dehors de Beyrouth, ainsi que de rendre la culture et la création artistique accessibles au plus grand nombre gratuitement ou en échange d'une contribution symbolique.
Si les spectacles utilisent différentes techniques du théâtre de marionnettes (ombres, marionnettes à gaine, etc.), ainsi que des masques, de l'animation vidéo et du conte, ils abordent tous des questions liées à la croissance et au développement de l'enfant, essentielles à leur participation à la construction d'une société civile basée sur l'égalité et la compréhension mutuelle.
À bas les préjugés
C'est dans cette optique que Jacques Matthiessen, réalisateur mi-danois, mi-français, avec un zeste de sang arménien et travaillant souvent pour un public jeune, a mis en place ce spectacle de marionnettes muet, mais néanmoins si riche en messages. En effet, cette création artistique, qui a pour thème «l'acceptation de la différence», aide à réfléchir sur les préjugés et sur la méfiance de l'autre, si courants dans nos sociétés. Il s'agit d'une famille cylindre qui n'aime pas beaucoup les gens carrés. Un jour, arrivent des voisins carrés et l'amitié entre les enfants des deux familles va contribuer à dépasser ce préjugé.
«Les enfants sont plus intelligents qu'on ne le croit, dit Matthiessen, ils captent vite le message et ce sont finalement eux qui représentent les générations futures sur qui va reposer le monde.»
Dans cette création sans paroles mais ponctuée par des onomatopées, ce sont trois actrices qui manipulent les marionnettes hautes comme un enfant de cinq ans. Dans un décor simple et épuré mais tout en couleurs, amovible à loisir, les personnages évoluent sur fond de musique à la fois orientale et jazzy signée Frederik Lundin, qui a travaillé avec des musiciens libanais afin de créer cette passerelle entre l'Orient et l'Occident.
«Les situations comiques, les confrontations physiques dans la pièce engendrent, selon le metteur en scène, cette réaction du public, tout comme les dessins animés, dit-il, avec les moyens techniques en moins.»
Ayant connu Karim Dakroub à un festival de jeunes au Danemark, les deux artistes ont décidé de travailler ensemble. Après de multiples rencontres, il fut décidé du choix des marionnettes (réalisées par Walid Dakroub) et du reste de la scénographie.
Ce spectacle sera présenté par la suite au théâtre Athénée de Jounieh le 11 mars et à la Fondation Safadi à Tripoli le 17 mars, ainsi que dans des bibliothèques publiques, notamment à Ammioun et au Sud.
Au programme de Caravane, des pièces espagnoles, jordaniennes ou libanaises dont le programme sera indiqué en temps prévu.


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