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Libye: l'UE envoie sa commissaire à l'aide humanitaire dans la région

Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a appelé mercredi au départ du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi et annoncé l'augmentation de l'aide d'urgence pour répondre à la "tragédie humanitaire" en cours.
"Les événements ont montré clairement que le colonel Mouammar Kadhafi était partie du problème, mais pas de la solution", a estimé devant la presse M. Barroso à l'issue d'une réunion du collège des commissaires européens.
"Il est temps qu'il parte et qu'il rende le pays à la population libyenne, afin de permettre aux forces démocratiques de tracer un avenir. La situation que nous observons en Libye est tout simplement atroce et nous ne pouvons l'accepter", a encore souligné M. Barroso.
Bruxelles a ainsi franchi un cap. Jusqu'ici, l'Union européenne n'avait pas appelé explicitement le colonel Kadhafi à quitter le pouvoir, en raison des réticences de certains pays à franchir ce pas.
Plusieurs capitales avaient en revanche individuellement demandé son départ, notamment la Grande-Bretagne et la France.
"Un régime qui de façon systématique tue ses propres citoyens n'est pas en position de rester", a jugé M. Barroso. "Mais il faut que ce soit une solution trouvée par les Libyens eux-mêmes", a-t-il ajouté.
Il s'est refusé à prendre position sur l'éventualité d'une zone d'exclusion aérienne dans le ciel libyen pour protéger les populations civiles des raids aériens du régime du colonel Kadhafi, en faisant valoir que cela n'entrait pas dans les compétences de la Commission. Il a renvoyé la balle dans le camp des gouvernements européens, qui mènent à ce sujet des consultations, a-t-il indiqué.
La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton "nous a présentés aujourd'hui un rapport très préoccupant sur la situation en Libye", a-t-il toutefois indiqué.
M. Barroso s'est par ailleurs entretenu par téléphone avec António Guterres, le Haut commissaire aux Réfugiés des Nations Unies, qui a lancé un appel urgent à la communauté internationale en vue d'une évacuation humanitaire massive.
Des milliers de personnes quittent la Libye actuellement pour fuir les violences. Selon le HCR, 40.000 personnes attendent à la frontière libyenne d'entrer en Tunisie.
"C'est vraiment une tragédie humanitaire", a jugé le président de l'exécutif européen, appelant les Etats de l'UE à se mobiliser, car "c'est eux qui ont les avions, qui ont les moyens logistiques", a-t-il souligné.
"Nous avons espoir que les Etats vont réagir", a-t-il insisté.
La Commission va pour sa part envoyer mercredi sa responsable à l'aide humanitaire en Afrique du Nord pour faire le point sur les besoins en Libye et a décidé d'augmenter son aide d'urgence, portée de 3 à 10 millions d'euros.
"La commissaire (Kristalina) Georgieva va aujourd'hui même dans la région. Je lui ai demandé de partir ce soir pour superviser les efforts européens dans ce domaine", a précisé M. Barroso. Mme Georgieva doit arriver mercredi soir en Tunisie, a précisé son porte-parole.
"Nous pouvons et je crois nous devons faire plus, dans le cadre d'un effort international pour aider ceux qui sont maintenant dans cette situation terrible entre la frontière libyenne et tunisienne, pour si possible regagner leur maison, leur famille, leur pays", a-t-il ajouté.
Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a appelé mercredi au départ du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi et annoncé l'augmentation de l'aide d'urgence pour répondre à la "tragédie humanitaire" en cours."Les événements ont montré clairement que le colonel Mouammar Kadhafi était partie du problème, mais pas de la solution", a estimé devant la presse M. Barroso à l'issue d'une réunion du collège des commissaires européens."Il est temps qu'il parte et qu'il rende le pays à la population libyenne, afin de permettre aux forces démocratiques de tracer un avenir. La situation que nous observons en Libye est tout simplement atroce et nous ne pouvons l'accepter", a encore souligné M. Barroso.Bruxelles a ainsi franchi un cap. Jusqu'ici, l'Union européenne n'avait pas appelé explicitement le...