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Culture - Festival Al-Bustan

Gilbert Yammine, ou la révolution musicale permanente

Ce soir, Gilbert Yammine présente, à 20h30, au Crystal Garden, un florilège de mélodies panachées comportant des compositions ottomane, égyptienne et libanaise qui traduisent l'amour que porte à la musique cet interprète de qanun.

Gilbert Yammine tirant de son qanun des sonorités nouvelles et renouvelées. Photo Michel Sayegh

S'il faut présenter Gilbert Yammine, qui n'a plus en fait besoin d'introduction, il faudra surtout commencer par parler de son qanun, de cet instrument de couleur ottomane qu'il a choisi lui-même, car « il est plus maniable et qu'on peut s'amuser à changer les fréquences à loisir. De plus, dit-il, il assure une technique plus avancée que le qanun arabe, car il s'intègre dans le cadre des musiques jazzy ou occidentales contemporaines. »
Cet instrument qu'il considère comme son ami l'accompagne depuis une vingtaine d'années dans ses pérégrinations et dans ses tourments.
Diplômé du Conservatoire national libanais, cet étudiant en « computer and communication engineering » avoue vivre jusqu'à présent une révolution permanente intérieure. En effet, le jeune artiste a toujours été tiraillé par le choix d'une carrière qu'il accomplit parfaitement et la musique qui l'habite, dont il veut élargir les horizons.

Une aventure musicale
Entre deux rives, deux cultures, deux disciplines, swinguant entre la joie de vivre de l'harmonie et le sérieux du « boulot », Gilbert Yammine choisit même de quitter le pays pour s'installer en Allemagne : « Je ne pouvais pas rester au Liban et poursuivre une carrière de musicien attablé devant un instrument, dans un coin, derrière une vedette, ou même une profession d'enseignant. J'avais soif d'aventure. Je suis devenu ainsi une autre personne en apprenant une autre langue. »
« La musique avant toute chose », répète Yammine qui avoue pourtant engager une course contre la montre. En voyageant, en effectuant des tournées auprès de troupes libanaises comme celle de sœur Marie Keyrouz, puis celle de Fadia Tomb (Sarband), le musicien va se nourrir, au fil des jours, d'harmonies panachées et permettre au qanun de ne plus « vivre en reclus, voire de devenir une star ». « Ce n'est pas sa faute, ajoute-t-il, si les compositeurs arabes ne lui ont pas écrit des œuvres musicales à l'instar d'autres instruments. »
Aujourd'hui, Gilbert Yammine poursuit ces deux voies parallèles en travaillant en Allemagne dans le cadre de son doctorat et en multipliant les rencontres musicales « avec des jazzmen, parce qu'ils retrouvent cette même improvisation dans les musiques arabes et jazzy, ainsi qu'avec des compositeurs contemporains en quête de nouvelles sonorités exotiques ».
L'artiste semble satisfait d'avoir acheminé le qanun vers d'autres rivages plus larges et novateurs. Cette soirée, qu'il partagera avec le public du Bustan, sera néanmoins orientale. Une représentation qui brise pourtant les carcans du sérieux, tout comme Yammine aime faire. Une révolution permanente qui continue à opérer sur le qanun de Gilbert Yammine.
S'il faut présenter Gilbert Yammine, qui n'a plus en fait besoin d'introduction, il faudra surtout commencer par parler de son qanun, de cet instrument de couleur ottomane qu'il a choisi lui-même, car « il est plus maniable et qu'on peut s'amuser à changer les fréquences à loisir. De plus, dit-il, il assure une technique plus avancée que le qanun arabe, car il s'intègre dans le cadre des musiques jazzy ou occidentales contemporaines. » Cet instrument qu'il considère comme son ami l'accompagne depuis une vingtaine d'années dans ses pérégrinations et dans ses tourments. Diplômé du Conservatoire national libanais, cet étudiant en « computer and communication engineering » avoue vivre jusqu'à présent une révolution permanente intérieure. En effet, le jeune artiste a toujours été tiraillé par le choix d'une...
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