"La nuit s'est passée sans problème", déclare Tahar, un étudiant qui dit n'avoir pas dormi pour monter la garde, avec des dizaines d'autres jeunes, sur cette place devenue le symbole de la contestation populaire entamée le 14 février.
"Nous avons peur de voir les forces de sécurité nous attaquer par surprise comme elles l'avaient fait jeudi" lorsque la police a donné l'assaut contre les protestataires en plein sommeil, faisant 4 tués, ajoute-t-il.
Dans les nombreuses tentes dressées à la hâte samedi soir sur la place, certains dorment encore en milieu de matinée alors que d'autres somnolent.
Sur un comptoir de fortune installé dans un coin de la place, un petit déjeuner est proposé: du pain, des dattes, du fromage, de l'eau... Un jeune s'affaire à préparer du thé.
Les protestataires semblent bien organisés: un service d'ordre règle la circulation autour de la place de la Perle, des jeunes nettoient les lieux, sacs poubelle à la main, et des orateurs se chargent de maintenir la mobilisation de la foule.
"Cette place est celle des martyrs. Nous ne la quitterons pas avant que nos revendications soient satisfaites. Le régime finira par tomber", lance l'un des orateurs dont le message est diffusé par haut-parleurs installés autour de la place.
Les protestataires attendaient également le renfort de travailleurs qui observaient dimanche une grève à l'appel de leur syndicat, notamment dans l'enseignement.
"Quelles que soient les circonstances, je vous conseille d'être pacifiques, pacifiques, pacifiques et pacifiques", a lancé cheikh Ali Salmane, chef du Wefaq, le principal mouvement de l'opposition chiite, venu s'adresser à la foule peu après la reconquête de la place de la Perle.
"Le monde suit le mouvement des jeunes de Bahreïn comme une nouvelle expérience pacifique après celles de la Tunisie et de l'Egypte", a ajouté cheikh Salmane.
Des milliers de manifestants sont revenus samedi sur la place de la Perle après le retrait de l'armée et de la police, sur ordre du prince héritier cheikh Salman Ben Hamad Al-Khalifa, dans une tentative d'apaisement.


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