La police a procédé à au moins trois interpellations parmi les manifestants./
Le retrait de l'armée, notamment de la place de la Perle, épicentre de la contestation, a été ordonné par le prince Salman en sa qualité d'adjoint du commandant suprême des forces armées, selon un communiqué officiel.
Les chars et les véhicules blindés, qui s'étaient déployées jeudi dans ce secteur après la dispersion par la force d'un sit-in sur la place de la Perle, ont formé une colonne qui s'est ébranlée en direction de l'ouest.
Mais aussitôt ce retrait achevé, la police a dispersé à coup de bombes lacrymogènes des manifestants qui commençaient à converger vers la place.
La police a procédé à au moins trois interpellations parmi les manifestants, vite arrivés sur les lieux à pied et en voiture, et a bloqué les accès de la place.
Un élu de l'opposition chiite a aussitôt jugé "insuffisant" le retrait de l'armée. "Remplacer l'armée par les forces anti-émeutes qui tirent sur des manifestants pacifiques est de nature à aggraver la crise", a déclaré Jamil Kadhem, député du Wifaq, principal mouvement de l'opposition chiite.
"Pour apaiser la tension, il faut laisser les manifestants pacifiques arriver sur la place de la Perle", a déclaré M. Kadhem, ajoutant que des contacts étaient en cours avec le gouvernement depuis vendredi concernant la proposition de dialogue.
"Créer les conditions pour une amorce du dialogue suppose le retrait des forces gouvernementales des lieux de rassemblement des manifestants pacifiques et l'arrêt de la campagne des médias officiels qui encourage une sédition confessionnelle et une guerre civile" dans ce pays à majorité chiite et gouverné par une dynastie sunnite, a-t-il ajouté.
L'armée avait tiré vendredi soir sur des manifestants à Manama, faisant des dizaines de blessés. Jeudi avant l'aube, elle avait évacué de force la place de la Perle, faisant six tués, selon l'opposition et les familles, et cinq morts selon les autorités, en plus de quelque 200 blessés.
Le prince héritier a proposé vendredi un dialogue sans exclusive à l'opposition qui demande une véritable monarchie constitutionnelle dans laquelle le Premier ministre serait le chef de la majorité parlementaire et non désigné par le roi comme c'est le cas actuellement.
Le poste de Premier ministre est occupé par cheikh Khalifa ben Salman Al-Khalifa, oncle du roi, depuis l'indépendance de Bahreïn, en 1971. Les ministères de souveraineté sont tenus par des membres de la famille royale.
Le prince héritier est intervenu samedi à la télévision officielle pour appeler au calme et à la "coopération de tous" pour un retour à la normale dans le pays.
La répression des manifestations a été condamnée par le président américain Barack Obama qui a rappelé, lors d'un entretien téléphonique vendredi avec le roi Hamad Ben Issa Al-Khalifa, que la stabilité de Bahreïn, siège de la Ve Flotte américaine, dépendait d'"un processus de réformes significatives".
De son côté, la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton a estimé que le dialogue politique promis par le prince héritier "devrait débuter sans délais", se disant "profondément préoccupée" par le recours à la force contre les manifestants.


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