Un rapport confidentiel, appelé National intelligence estimate (NIE) et représentant le consensus des positions des 16 agences de renseignement américaines, met en avant la division au sein du régime, selon ce responsable.
"La communauté du renseignement a conclu qu'il y a un intense débat au sein du régime iranien à propos de la question de se diriger ou non vers la bombe nucléaire", a dit à l'AFP ce responsable sous couvert d'anonymat.
"Nous pensons qu'ils ne se sont pas encore décidés", a-t-il ajouté.
Les Iraniens semblent poursuivre suffisamment de travaux de recherche pour pouvoir progresser vers la production d'une arme nucléaire s'ils le veulent, mais l'Iran n'est pas encore au seuil de disposer d'armes nucléaires, selon lui.
"Il n'y a pas d'indication à ce stade que les Iraniens avancent à pleine vapeur vers une arme nucléaire, ils gardent leurs options ouvertes", a-t-il expliqué.
Dans le précédant NIE, qui date de 2007, les services de renseignement américains indiquaient que Téhéran avait mis fin en 2003 à son programme nucléaire militaire.
Les divisions actuelles au sein du régime semblent être liées à l'impact des sanctions économiques imposées au pays. Certains de ces dirigeants s'inquiéteraient en effet du fait que la crise économique alimentée en partie par les sanctions internationales puisse renforcer l'opposition.
"Il existe un fort sentiment selon lequel un certain nombre de responsables du régime iranien sait que les sanctions sont en train de produire de graves effets et d'avoir un impact plus large sur les questions de sécurité nationale dont les Iraniens doivent s'occuper", a ajouté le responsable.
Le secrétaire américain à la Défense Robert Gates avait déjà affirmé en novembre que le dernier train de sanctions économiques imposé au régime iranien frappait durement le pays et avait créé des tensions entre le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, et le président Mahmoud Ahmadinejad.
"Nous avons des indications montrant que M. Khamenei commence à se demander si M. Ahmadinejad ne lui ment pas sur l'impact des sanctions sur l'économie", avait-il affirmé.
Selon M. Gates, les Iraniens ont été "surpris par l'impact des sanctions" qui les ont "vraiment frappés plus durement qu'ils n'avaient prévu".
Cette position a été confirmée mercredi par le directeur national du renseignement James Clapper lors d'une audition au Sénat, selon qui les sanctions ont "vraiment un impact sur l'économie iranienne".
Les conclusions du rapport ont été diffusées cette semaine auprès de commissions du Congrès, selon le WSJ.
Le programme nucléaire iranien a été condamné par six résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU, dont quatre assorties de sanctions économiques et politiques. Les Etats-Unis et l'Union européenne ont adopté leurs propres sanctions.
Les grandes puissances craignent que l'Iran ne cherche à se doter de l'arme atomique, ce que Téhéran dément.

