"Nous avons fait part au gouvernement de Bahreïn de notre inquiétude concernant le niveau de violence (dans le pays). Nous sommes très inquiets après les décès" de plusieurs personnes lors de manifestations, a déclaré M. Hague aux parlementaires britanniques à Londres.
"Nous exhortons toutes les parties à éviter la violence, et la police à faire preuve de retenue", a-t-il ajouté.
M. Hague, qui s'était rendu à Bahreïn la semaine dernière dans le cadre d'une tournée dans la région, a estimé que les Etats du Golfe avaient "fait d'importantes réformes politiques" mais a appelé à aller plus loin. "Nous encouragerons toujours Bahreïn et d'autres pays à prendre davantage de mesures pour répondre aux aspirations légitimes de plus de libertés politiques et sociales", a-t-il ajouté.
M. Hague a précisé s'être entretenu avec son homologue bahreïni, cheikh Khaled Ben Ahmad Al-Khalifa, avec qui il a "insisté sur la nécessité de mesures pacifiques pour répondre aux inquiétudes des manifestants".
Dans un message visiblement adressé à l'Iran qu'il n'a cependant pas cité, le chef de la diplomatie britannique a aussi mis en garde d'autres pays qui seraient tentés de se mêler de la situation dans le petit royaume du Golfe.
"Nous serions fortement opposés à toute ingérence, de la part de nations, dans les affaires de Bahreïn ou de toute action qui exacerberait les tensions sectaires entre les communautés sunnite et chiite", a insisté M. Hague.
La Grande-Bretagne a par ailleurs conseillé à ses ressortissants de ne pas se rendre à Bahreïn, sauf nécessité impérieuse.
Dans la nuit de mercredi à jeudi, quatre personnes ont été tuées et des dizaines d'autres blessées dans l'assaut donné par les forces de sécurité bahreïnies contre des manifestants qui campaient dans le centre de Manama et réclamaient des réformes politiques et sociales, dans la foulée des soulèvements en Tunisie et en Egypte.

