"J'ai toujours eu envie de montrer tous nos trésors, comme les correspondances entre mon grand-père et Proust, Cocteau, Céline et tant d'autres", ajoute le PDG de la maison d'édition.
Et il l'a fait. "J'ai passé des mois dans +la cave+ de la maison Gallimard, qui m'a ouvert toutes ses archives, avec des textes inédits, les correspondances privées, les journaux de l'époque, des milliers de photos et de manuscrits", explique William Karel qui prépare par ailleurs un film sur l'écrivain américain Philip Roth.
"Cela m'a permis de raconter ce siècle d'édition depuis les deux premiers livres publiés en 1911, ceux de Gide et Claudel, en croisant les lettres des auteurs, les oeuvres publiées, les articles des différentes revues, les journaux intimes", poursuit-il.
Les extraits des lettres et des principales oeuvres publiées chez Gallimard au XXe siècle et au début du XXIe sont lus par des comédiens et nourris de nombreux documents audiovisuels.
Cette approche donne chair et vie aux écrivains, avec une force d'autant plus spectaculaire que leurs passions, emportements et convictions s'expriment souvent plus crûment dans leur correspondance que dans leurs oeuvres.
Comme le relève William Karel, cet accès à la vie intime des auteurs Gallimard, "nous le devons d'abord à leur confondante graphomanie ! Au seul chapitre des correspondances, treize volumes pour Gide et pour Jacques Rivière, douze pour Paulhan et huit pour Martin du Gard..."
La maison Gallimard demeure la seule à avoir écrit collectivement sa propre histoire au fur et à mesure qu'elle était vécue, ajoute-t-il.
William Karel a aussi rencontré plusieurs témoins dont le Nobel de littérature Jean-Marie Le Clézio, Patrick Modiano, Philippe Sollers, Pierre Nora, Alban Cerisier, mais aussi Isabelle, Robert et Antoine Gallimard.


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